Trafic d’armes : La brigade de répression du banditisme démantèle un vaste réseau vers l’Afrique

Après le trafic de voitures de luxe à destination de pays d’Afrique, les limiers de la BRB Parisienne viennent de réussir un coup de maître. Après plusieurs mois d’enquête, réalisée par la Brigade de répression du banditisme, une importante saisie d’armes a conjointement eu lieu en région parisienne, dans l’est et dans le sud du pays.

Il s’agit d’une saisie record. Plusieurs tonnes d’armes, parmi lesquelles des fusils d’assaut, des fusils mitrailleurs et des pistolets automatiques, et de munitions ont été déposées vendredi 15 janvier au soir à la police judiciaire de Paris. L’arsenal a été saisi au domicile de dix personnes interpellées dans l’Est, le Sud et en région parisienne. Cinq personnes ont été mises en examen dans ce vaste trafic d’armes.

Parmi elles, se trouvent deux militaires et des anciens de l’armée. Ces anciens militaires ont la particularité d’avoir servi l’armée française en Afrique notamment au Sénégal, en Côte d’Ivoire et récemment au Nord du Mali.

Pour cet officier ayant requis l’anonymat, « C’est très simple. Les armes proviennent de pays de l’ex Europe de l’Est dont certains arsenaux sont entre les mains de la mafia locale et une fois en France, les receleurs qui connaissent bien le continent africain « escortent » les armes jusqu’à destination. Ils utilisent souvent des voitures ou des groupages de containers à destination des pays où les clients ont déjà payé »

Des armes revendues jusqu’à 4 000 euros (2.600.000 francs) et « escortées » jusqu’à Dakar, Bissau, Bamako,Abidjan, Niamey…

« La principale filière d’approvisionnement en armes du grand banditisme français, c’est vraiment la filière yougoslave, les Balkans. Il y a deux mobiles pour qu’un militaire bascule dans le trafic : la passion des armes […], et le besoin d’argent« , explique une source au sein de la Police Judiciaire Parisienne.

Ces armes qui pour la plupart permettent aux gangs opérant en France de se ravitailler, sont également destinées au marché africain notamment de l’Ouest où elles sont prisées par certains groupuscules.

Achetées à des collectionneurs, ces armes ont été remises en état pour être revendues entre 2 000 et 4 000 euros pour une arme longue, et entre 1 000 et 1 500 euros pour une arme de poing. Les trafiquants de drogue figurent parmi les clients principaux. Des fusillades ont d’ailleurs éclaté dans plusieurs villes françaises ces dernières semaines.

Sylvie Deriot 

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