Ils volaient à Paris et revendaient au Sénégal : la police judiciaire démantèle un vaste réseau de recel

La brigade de lutte contre le Banditisme de la police judiciaire française vient de réussir un coup de maître. Elle vient de mettre fin aux agissements d’une bande constituée de français, marocains et sénégalais qui opérait depuis plusieurs années, la filière écoulait de la marchandise de valeur, volée quotidiennement via des entreprises d’import-export.

Cette bande qui vient d’être mise hors d’état de nuire était spécialisée dans le vol de Téléphones portables, parfums, portefeuilles, bijoux… des centaines d’objets qui étaient écoulés chaque jour par une filière de recels. Les policiers du groupe « quartiers sensibles » de la sûreté territoriale de Paris (ST75) ont démantelé « plusieurs niveaux de hiérarchie » de cette équipe spécialisée dans le vol, rapporte Le Parisien. Des centaines d’objets ont même été récupérés en seulement un week-end, ont indiqué les enquêteurs. Pour les téléphones par exemple, une fois débloqués, ils étaient envoyés vers le Sénégal via des entreprises spécialisées en import-export.

Des écoutes téléphoniques et des filatures ont permis aux policiers de remonter le réseau et d’interpeler quatre personnes « soupçonnées d’avoir écoulé quotidiennement le butin de plusieurs dizaines de petites mains », précise Le Parisien. Ils opéraient tous en Ile-de-France. Si le principal suspect agissait depuis cinq ans, la prise des enquêteurs sur les six dernières semaines s’élèverait à environ 180 000 euros.

Le « centralisateur », un sénégalais connu des nuits torrides entre Paris et Dakar arrêté à sa descente d’avion

Un réseau bien organisé selon la ST75 puisque le receleur principal, le centralisateur, ne rencontrait jamais ses secondes mains, voleurs expérimentés ou « mineurs désœuvrés, précise le quotidien. Ainsi, les voleurs sous sa coupe travaillaient eux-mêmes avec d’autres voleurs. « La plupart sont sans-papiers et ne parlent pas français », indique-t-on dans la cellule policière, qui a rappelé la très grande prudence utilisée par les voleurs. « Le receleur pouvait revenir plusieurs fois sur ses pas, prendre une trottinette et descendre au dernier moment à une station de métro et avait plusieurs adresses. »

Pour faire fonctionner son « entreprise », le receleur refusait les smartphones de faible valeur. Ils devaient valoir au moins 600 euros, plus faciles à écouler et permettant d’obtenir une belle marge. Les employés se chargeaient d’acheminer les objets de valeur au Sénégal , les revendaient sur place moitié prix et revenaient ensuite « comme des mules » avec l’argent liquide. Il le transmettait ensuite au « banquier » de la filière qui payait le centralisateur.

Au final, « les transporteurs non domiciliés en France », n’ont pu être arrêtés, au contraire du receleur, de son bras droit et du centralisateur, tous Marocains et sénégalais . La police s’intéresse également à d’autres filières dans la capitale, souvent en provenance d’Europe de l’Est.

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