vendredi, 27 mai 2022 21:04

Guinée Bissau : Exploitation pétrolière avec le Sénégal, le gros mensonge de Umaru Embalò

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@Atlanticactu.com – Au mois d’octobre 2020, le ministre sénégalais de l’économie en séjour à Bissau, avait publiquement annoncé la signature d’accords en vue de l’exploitation du pétrole, objet de litige entre les deux pays depuis la fin des années 70. Amadou Hott avait installé un profond malaise en Guinée par Umaru Embalò qui n’avait pas les prérogatives d’engager son pays sans l’autorisation de l’assemblée nationale, avait démenti formellement en reconnaissant qu’il existait des négociations en vue d’un nouvel accord. Mais, quand le mensonge prend l’ascenseur, il est rattrapé par la vérité qui a pris les escaliers.

La Guinée-Bissau et Sénégal signent un accord d’exploitation du pétrole, le « général »Sissoco Embaló a menti au peuple guinéen avec cet accord « secret » signé depuis le 14 octobre 2021. Mais lorsqu’il a été interpellé une nouvelle fois par la presse, Umaro Sissoco Embaló a nié l’existence de l’accord, confirmant du coup l’irrespect qu’il voue aux Bissau guinéens.

Le pot aux roses a été découvert à la suite du dernier conseil des ministres du gouvernement du Sénégal où il a été adopté le mercredi 24 novembre 2021 un projet de loi autorisant le président de la République Macky Sall à ratifier l’accord de gestion et d’exploitation conjointe des hydrocarbures entre le Sénégal et la Guinée – Bissau.

« Ledit Projet de loi autorisant le Président de la République Macky Sall à ratifier l’Accord de Gestion et de Coopération entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République de Guinée Bissau, signé le 14 octobre 2021 ». Mieux, selon le communiqué du Conseil des ministres du Sénégal daté du 24 novembre, il est précisé que l’accord sur l’exploitation pétrolière entre les deux pays, a été signé le 14 octobre 2021 à Bissau.

Pourtant, devant la presse et les députés, Umaru Embalò avait juré devant tous les Saints qu’il n’en était absolument rien. «Je veux vous dire que le jour où un accord sera signé dans ce sens, les journalistes le sauront, mais la Guinée-Bissau n’a toujours pas de source de pétrole», a déclaré Sissoco Embaló aux journalistes. 

« lors d’une visite de travail à Bissau, du 21 au 23 octobre dernier, Amadou Hott a laissé entendre que des accords avaient été signés «il y a 10 jours», «entre les chefs d’État des deux pays», Macky Sall et Umaro Sissoco Embaló. L’affaire a aussitôt interpellé la presse bissau-guinéenne, obligeant le président Embaló à monter au créneau pour tenter de rectifier le tir et déclarer , je prendrai soin des intérêts nationaux dans cette affaire» 

La signature d’un accord (renouvelé) d’exploitation d’hydrocarbures entre le Sénégal et la Guinée-Bissau a suscité une polémique après que le ministre de l’Économie du Sénégal, Amadou Hott, lors d’une visite de travail à Bissau, ait confirmé la signature du document à Dakar entre Macky Sall et Umaro Sissoco Embaló

Quelques jours plus tard, lors d’une rencontre avec la presse au Palais présidentiel, Umaro Sissoco Embaló a réfuté l’information, affirmant que tout n’était qu’une spéculation. Embaló a nié avoir signé tout accord sur le pétrole. A la même époque, fait inédit, l’actuel gouvernement dirigé par Nuno Nabiam avait aussi déclaré ignorer l’existence d’un nouvel accord entre le Sénégal et la Guinée-Bissau dans le domaine pétrolier.

En 2013, la Guinée-Bissau a activé la clause qui oblige les deux pays à renégocier l’accord d’exploitation pétrolière paraphé en 1993 entre Abdou Diouf et João Bernardo Vieira ‘ Nino ‘. En vertu de cet accord de 20 ans, il a été décidé de créer l’Agence de gestion et de coopération basée à Dakar, la délimitation d’une zone d’exploration conjointe (ZEC) et la définition de la clé de partage des recettes provenant de L ‘ exploitation des ressources pétrolières, 85 % en faveur du Sénégal et 15 % pour la GuinéeBissau, mais 50 % pour chaque camp est la répartition des recettes résultant de l’exploitation des ressources de pêche.

Les termes de l’accord de 1993 ont toujours suscité une large réprobation au sein de l’opinion guinéenne avec certaines voix demandant leur révocation complète et d’autres pour défendre le retrait total de la Guinée-Bissau de l’entente.

« Le plus grave dans cette affaire, c’est que le contenu des accords relatifs à la prospection pétrolière dans la Zone d’exploration conjointe n’est pas connu du gouvernement de Nuno Nabiam et sa signature n’a pas été discutée à l’Assemblée nationale populaire de la Guinée-Bissau »

Pris main dans le sac, le « général » du Peuple a souligné qu’il avait seulement l’intention d’introduire des changements dans la compréhension de la forme de partage en cas de découverte de pétrole dans les zones appartenant aux deux pays. «Par exemple, dans le cas d’une découverte de pétrole en Guinée, la clé du partage doit changer, le même principe sera observé dans le cas d’une découverte du côté sénégalais, car il est inconcevable que du pétrole soit découvert en Guinée-Bissau et qu’on dise que La clé du partage sera 15% pour nous, 85% pour le Sénégal», a-t-il ajouté.

En 2015, l’ancien président de la République de Guinée-Bissau, José Mário Vaz, a réactivé la commission de négociation avec le Sénégal avant, en 2016 de bloquer le processus en raison de désaccords dans la clé de partage. Après plusieurs tours de négociation, les deux parties ne sont pas parvenues à un accord sur l’avenir de l’accord, ce qui limitait automatiquement la performance de l’Agence de gestion et de coopération à des affaires courantes.

L’ancien secrétaire général de l’Agence pour la gestion et la coopération de la zone maritime d’exploration conjointe entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, Jules Mamadu Baldé, a affirmé dans une interview exclusive au journal Le démocrate en 2018 que la Guinée-Bisseau peut atteindre 46 % dans la négociation sur la clé de partage des bénéfices provenant de l’exploitation conjointe d’hydrocarbures avec la République du Sénégal voisine.

Le spécialiste guinéen des questions liées aux hydrocarbures et qui a dirigé l’agence pendant environ 20 ans et qui travaille maintenant comme consultant pour de grandes compagnies pétrolières a expliqué à l’époque qu’en tant que citoyen et technicien de la zone, il a fait un travail qu’il a livré aux autorités guinéennes dans lesquelles il a défini les stratégies qui peuvent être utilisées pour augmenter le pourcentage de bénéfices en faveur de la Guinée Bissau dans les négociations. Baldé est actuellement député de la nation.

Le contenu du dernier communiqué du gouvernement sénégalais confirme l’existence et la signature d’un accord avec le Sénégal dont le Parlement guinéen ignore les tenants. Et en vertu de la Constitution actuelle de la Guinée Bissau, cet accord est considéré comme nul et de nullité absolue

Cheikhna Saadbou DIARRA 

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