Guinée Bissau : Avec plus de 70 voyages en 12 mois, Umaru Embalò bat tous les records des dirigeants africains

@Atlanticactu.com – Au rythme des voyages du « général » Umaru Embalò, c’est le Trésor Public Bissau guinéen qui en a pris un sacré coup en l’espace de quelques douze mois. À raison de cinq voyages tous les mois et cerise sur le gâteau, à bord d’un jet privé, les fonds injectés dans ses déplacements auraient pu aider à relever le plateau médical où le système éducatif qui sont parmi les plus moribonds du continent. S’il faut y ajouter les frais officiels inhérents à ces multiples voyages, certains observateurs n’écartent pas une vaste opération de blanchiment de capitaux car, rien n’explique cette frénésie.

Les voyages du « général » coûtent cher au Trésor  public. En l’espace d’un an de magistère, Umaro Sissoco Embaló a effectué plus de 70 voyages internationaux aussi bien officiels que privés et, tous supportés par le trésor public Bissau guinéen qui prend en charge les énormes factures des locations d’avions privés et autres « Per Diem » de voyage.

Comme s’il avait un rêve de jeunesse à rattraper, Umaro Sissoco Embaló est sans aucun doute le chef de l’État qui cumule le plus grand nombre de voyages en quelques mois à la tête d’un pays. Parmi les destinations préférées du « général p », on y trouve forcément le Sénégal dont le président est son principal soutien, au Congo Brazzaville, en Turquie en passant par le Nigeria, le Burkina Faso, le Congo Brazzaville, le Tchad, la France et la Turquie, l’Espagne, Ghana, Portugal et Cap-Vert, Arabie Saoudite et entre autres destinations.

Si les déplacements du « général » sont nombreux et injustifiés pour la plupart, par contre les énormes Frais de voyage engendrés font des dégâts au niveau du Trésor public car Umaru Embalò tel un Prince, se déplace toujours en Jet privé 

En janvier 2020, au moment où la Cour Suprême se penchait sur les décomptes des résultats de la Commission électorale indépendante, le candidat Umaru Embalò qui s’est autoproclamé vainqueur de la présidentielle, avait démarré à la surprise générale un tour du monde en jet privé pour remercier ses soutiens. Aussi incongru que cela paraît, certains dirigeants africains notamment de la Cedeao n’avaient hésité à le féliciter avec les conséquences de l’illégalité de leurs actes.

Mais, c’est au mois de mars de la même année alors la Cedeao entrait dans la danse pour l’introniser président de la Guinée Bissau, que les déplacements officiels ont connu une hausse exponentielle. 70 voyages selon des sources aéroportuaires à Bissau et des frais encore inestimables pour le Trésor public dans la mesure où les dépenses de Umaru Embalò  ne passent pas par une loi d’approbation du Parlement. Ce qui difficile tout moyen de calculer les fonds qui sont versés par le ministère des Finances pour assouvir les folies du « général ».

Selon une ordonnance du Premier ministre, Nuno Gomes Nabian du 12 août 2020, les indemnités journalières pour les déplacements du Chef de l’État à l’étranger s’élèvent à 1.300 dollars soit (780.000 francs) par jour et 50 50 $ soit 3.000.000 de francs) de plus pour des indemnités de représentation en voyage.

Pour la plupart des Bissau guinéens, ces voyages de Umaru Embalò, n’ont pas amélioré leur quotidien et, ils pensent que les voyages du « général », sont depuis suivis par de « simples déclarations de promesses ou d’intentions surtout que, le pays est confronté à l’une des étapes les plus critiques de son tissu social et économique ».

Pour Raimondo Cabral, ancien membre du service du protocole de l’aéroport de Bissau, « Ce qui est insultant pour un pays pauvre comme la Guinée Bissau, c’est de voir celui qui dit en être le président, faire autant de voyages sont des vols privés et depuis un an, il y a trois compagnies privées que Umaru Embalò  utilise le plus pour ses déplacements ».

« Quand les voyages sont circonscrits au continent africain, Umaru Embaló débourse cinq millions de Fcfa par jour sans oublier les frais connexes à chaque fois que l’avion décolle ou atterrit dans un aéroport, pour louer un jet privé. Et, à préciser que les déplacements du « général » durent entre deux et trois jours. Ce qui peut faire grimper la facture jusqu’à 10 millions par jour », témoigne Raimondo.

Ce dernier très amer de nous révéler, « Pendant toutes les années passées à l’aéroport Oswaldo Vieira, c’est la première fois que je vois un président utiliser des jets privés pour ses déplacements et en abuser au point que l’une de ces compagnies d’aviation civile privée, basée au Burkina Faso, considère le « général » comme son meilleur client. »

Pour Fernando da Fonseca, spécialiste de la diplomatie, il dit comprendre les nombreux voyages même s’il a des doutes sur l’impact dans l’économie nationale 

« Cette maladie des voyages peut être caractérisée comme une vision d’une diplomatie présidentielle, parce que, comme nous le savons, les présidents des républiques contemporaines finissent par prendre la position du premier diplomate. Nous sommes donc devant une nouvelle présidence et il y a différentes visions : certains caractérisent ces voyages de Sissoco Embaló comme de nature privée et certains considèrent que ces voyages peuvent apporter des résultats positifs. De notre point de vue, nous pouvons dire que les voyages doivent avoir un résultat positif pour la Guinée-Bissau, mais il n’y a pas encore de gains substantiels », soutient le spécialiste.

Quant à Lesmes Monteiro, juriste et analyste politique, il dit comprendre les raisons qui soutiennent les voyages constants du chef de l’État, mais il ne fait aucun doute qu’ils sont inopportuns.

« Ces voyages sont inopportuns, exagérés et insensibles, vu la situation actuelle que traverse le monde, en raison de la pandémie de Covid-19, en particulier la Guinée-Bissau qui vit une période difficile sur le plan économique et social, ponctué par les grèves de la fonction publique . Cependant, il n’est pas étonnant que l’actuel président veuille s’affirmer dans l’arène internationale parce qu’il a pris le pouvoir, par une prise de fonction « illégale » à la suite du contentieux électoral et à ce jour, un pan important de la Communauté internationale ne voit pas d’un bon œil cette présidence considérée comme une imposture », dit Monteiro.

Et Lesmes Monteiro de conclure, « Malgré l’intérêt personnel de Umaru Embalò à paraître comme un « grand » sur la scène internationale, le Trésor public qui soutient ces voyages risque de ne pas soutenir le rythme des frasques ».

Salimatou Djalò

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