Trafic international de drogue : 46 italiens, français, africains de la Ndrangheta interpellés entre Gêne et Marseille

@Atlanticactu.com – C’est une vaste opération lancée par les Carabiniers italiens et la Section de Recherches de Marseille qui aura permis d’interpeller 46 individus dont des français, italiens, sénégalais, ivoiriens et Bissau guinéens, tous membres de la célèbre Mafia calabraise,  la Ndrangheta. Une opération simultanée et combinée dans le Sud de la France et de l’Italie qui a permis de démanteler les réseaux de trafics de drogue et d’armes.

46 suspects, qui seraient liés, de près ou de loin, à la Ndrangheta, puissante mafia calabraise, ont été interpellées. 33 l’ont été sur le territoire français, 13 en Italie. Près de 18 personnes parmi ces interpellés sont originaires de l’Afrique de l’Ouest et seraient à la tête de plusieurs réseaux criminels. D’ailleurs, c’est une information en provenance d’Interpol Bissau l’implication du Colonel Alassana Djalo, chef du service des migrations dans un trafic de drogue qui a précipité l’opération qui était en gestation depuis plusieurs mois déjà.
C’est depuis juin 2019 que les polices italiennes et françaises ont commencé à travailler avec les unités de lutte anti drogue de certains pays africains sur la présence de plus en plus massive et inquiétante de cette mafia calabraise, et en l’espace de 10 mois, près de 25 tonnes de cocaïne seront saisies entre Abidjan, Dakar, Bissau, Praia, Bamako et Rabat. Toute cette quantité provenait de la Colombie, du Panama ou du Brésil et affrétée par la terrible Ndrangheta calabraise. D’ailleurs, plusieurs autorités étatiques de la sous-région sont cités dans des enquêtes comme étant les « parrains » locaux.

Des Bissau guinéens, ivoiriens et italiens interpellés à Gêne, français et sénégalais cueillis à Marseille. Ils seraient impliqués dans un trafic d’armes et de drogues en bande organisée.

Durant cette opération menée conjointement par les Carabiniers et la Section de Recherches marseillaise, plus d’un million d’euros d’avoirs criminels et des armes ont été saisis selon le quotidien italien La Stampa. Un entrepreneur de San Remo est accusé d’être au coeur de ce trafic international. Ce dernier employait officiellement des africains comme ouvriers mais, ces derniers étaient de véritables chefs de gang dans leur pays respectif.

450 militaires de la gendarmerie française et 120 carabiniers italiens ont été mobilisé pour l’opération qui a permis de procéder à l’interpellation des protagonistes d’un vaste dossier de trafic de stupéfiants entre le Sénégal, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire et la France et l’Italie. D’ailleurs, la perquisition des entrepôts de l’entreprise au port de Gène, ont permis de mettre la main sur des documents bancaires et de fret maritime qui prouve l’existence d’un trafic avec des complicités insoupçonnables.Cette opération d’ envergure a été conduite dans le cadre d’une équipe commune d’enquête placée sous l’autorité conjointe de la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Marseille et du parquet anti-mafia de Gênes.

L’Afrique de l’Ouest est devenue la base arrière de la « Spaghetti Connection »

Plus de 25 tonnes de cocaïne saisies dans les différentes capitales Ouest-africaines entre Mai 2019 et Février 2020, prouve que la Ndrangheta est bien établie dans cette partie du continent et bénéficie de solides complicités locales.

Ce qui fera dire à Silvain Coué, officier de liaison français, « Depuis 20 ans, l’Afrique de l’Ouest est devenue, sinon une plaque tournante, une zone de rebond très importante pour les trafiquants. Cette opération prouve que s’ils pensaient que la Côte d’Ivoire et l’Afrique de l’Ouest pouvaient être un sanctuaire, ils peuvent faire face à des fonctionnaires incorruptibles ».
Il est vrai que les mafias internationales profitent de la faiblesse des Etats de la région, et de la facilité à trouver des « hommes de main » en raison de la pauvreté de la population.

Parlant de l’opération qui avait permis de frapper un coup fort au cœur de la Mafia calabraise une première fois, grâce à la coopération entre les polices ivoirienne, sénégalaise, française, italienne et brésilienne. « Nous avons des preuves que la marchandise était destinée à la ‘Ndrangheta et à la Camorra et que des ressortissants italiens, résidents ivoiriens et sénégalais depuis plus ou moins longtemps, étaient à l’origine du trafic », avait affirmé Silvain Coué, officier de liaison français qui a participé à ce démantèlement baptisé « Spaghetti Connection ». Selon lui, la cocaïne saisie à Santos au Brésil s’achète 2,5 millions d’euros en Amérique du Sud pour être revendue 250 millions en Europe.

Pour rappel, un trafic de cocaïne impliquant les mafias italiennes de la Camorra et la ‘Ndrangheta a été démantelé début juin 2019 en Côte d’Ivoire. Dix suspects ont pu être interpellés à Abidjan : « 6 Italiens, 1 Franco-Turc et 3 Ivoiriens, dont 2 femmes, soupçonnés d’être les cerveaux d’un trafic international de cocaïne« . En septembre 2018, la police brésilienne avait découvert 1,19 tonne de cocaïne cachée dans des engins de chantier sur le port de Santos à destination d’Abidjan et en octobre 2019, le même stratagème était appliqué au port de Dakar avec des voitures Renault en provenance du Brésil bourrées de cocaïne  . Mais, malheureusement si les enquêtes ont permis de déterminer que la drogue devait transiter par la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou la Guinée Bissau , pour ensuite être envoyée en Italie, et plus particulièrement en Calabre, les vrais cerveaux courent toujours.

Cheikh Saadbou Diarra 

 

 

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