Sénégal : Présence et violences des nervis dans l’espace public, Dakar sous étroite surveillance

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@Atlanticactu.com – Plus les sénégalais s’offusquent de la présence et des violences de nervis de plus en plus « officiels », plus les chancelleries étrangères basées à Dakar haussent le niveau d’inquiétude. Nombreuses ont non seulement alerté leurs ressortissants vivants au Sénégal mais, ont rendu compte à leur pays de la dramatique situation avec une documentation fournie à partir des émeutes généralisées de mars dernier. Aujourd’hui, plus que jamais, Dakar est dans le viseur de la communauté internationale.

L’utilisation de nervis notée de plus en plus dans l’espace public jusque dans les déplacements du président de la République, inquiètent à plus d’un titre la représentation diplomatique basée au Sénégal. Les chancelleries occidentales pour la plupart, ont n’ont seulement alerté leurs ressortissants sur le danger que représente ces éléments incontrôlés et incontrôlables mais, des notes ont été relayé à leur État et dans certains cas, attiré l’attention des autorités sénégalaises sur le respect des traités et conventions sur la torture ratifiés.

S’il est de notoriété publique que l’État détient le monopole de la violence légitime, les images renvoyant aux séances de bastonnade de citoyens lors des émeutes de mars et récemment lors de la tournée dite économique du président Macky Sall dans le Nord du pays, ont heurté les diplomates accrédités à Dakar. À ces images, les chancelleries étrangères ont recueilli beaucoup de témoignages de la Société Civile et pris langue avec les patrons de certaines institutions impliquées.

 »Les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Norvège….. considèrent cette présence de personnels non autorisés et inexpérimentés comme une atteinte aux libertés publiques et qu’il est urgent d’identifier les auteurs des violences et meurtres sur les manifestants des émeutes de mars dernier…. »

Pour une source à l’ambassade de France, « L’ambassade a protesté par note adressé au ministre des Affaires étrangères sur les informations relatives à la présence et aux violences de nervis lors de manifestations publiques ». Et, nous confie le diplomate ayant requis l’anonymat, « C’est impensable que les schémas produits ailleurs avec leur corollaire de morts, de blessés et de disparus puisse avoir voie de chapitre au Sénégal. Nous avons demandé aux responsables de la sécurité de veiller au respect strict du champs d’application des lois et règlements en vigueur ».

« De toutes les façons, les autorités en charge des services de sécurité savent que maintenant, à l’international la justice s’appliquera dans toute sa rigueur. Et le plus désolant dans ces sanctions, on oublie souvent les politiciens qui ont allumé la mèche pour se limiter aux donneurs d’ordre en uniforme », confie Abdoulaye Sène, anciennement Enquêteur au Tribunal d’Arusha pour le Rwanda. Pour le francs sénégalais qui dirige un cabinet de consultance, « Le drame, même si vous échappez à la justice, vous et vos proches ne serez plus en paix, vos biens seront gelés et vous serez traqué comme un animal. Je crois que les donneurs d’ordre réfléchiront avant de satisfaire un pouvoir ».

Meme son de cloche pour Me Touré qui revient sur les fondements de la violence légitime. Pour l’avocat, « La violence ne peut être légitime lorsqu’elle est utilisée au nom d’intérêts particuliers, égoïstes ou instinctifs. … Mais le recours à la violence peut parfois être inévitable voir même nécessaire dans certains cas. Par exemple lorsqu’elle est utilisée par une victime pour défendre son intégrité physique.

La violence légitime peut se traduire par une limitation des libertés individuelles. … Dans une démocratie, la « légitimité » de cette violence est fondée sur la conformité au droit et à l’équité, elle-même définie par la raison, le bon sens, la justesse et la mesure.

« En commémorant aujourd’hui le 23 juin, nombreux sont les sénégalais qui se posent la question suivante : Avons-nous sacrifié toutes ces vies pour en arriver là ? En effet le désespoir est grand au vu des promesses du président Macky Sall au sortir de la présidentielle de 2012. Non seulement, Macky Sall n’aura pas réussi à installer l’espoir mais, il ne peut assurer la sécurité des populations », renseigne Cheikh Cissé, blessé lors des manifestations pré électorales de 2012.

La présence de nervis aux côtés de policiers et gendarmes risque de donner une mauvaise image des services de sécurité sénégalais connus jadis pour leur expertise et leur sens du respect des droits humains. Autoriser ou tolérer la présence de tels individus, risque non seulement de saper le moral de la troupe mais, permettre une impunité sur les dérives.

Et comme il est annoncé un peu partout dans la presse, l’Etat en recrutant ses nervis comme « volontaires » dans la police ouvre la boite à pandores et risque de tomber dans la liste noire des États bandits. Légitimer les forfaits de tels individus risque de poser gravement les germes d’une probable guerre civile quand on voit la situation de précarité, de chômage et de désespoir dans laquelle se trouve la jeunesse. Et ces jeunes n’attendent pour la plupart que l’occasion d’en d’en découdre avec l’État jugé seul responsable de leur détresse

Cheikhna Saadbou DIARRA 

 

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