lundi, 26 juillet 2021 12:37

Sénégal : Macky Sall en tournée dite économique dans le Nord accroît les tensions politiques dans la région

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@Atlanticactu.com – Si cette tournée dite économique devait permettre à l’APR et à BBY de tâter le pouls et de recoller aux populations après les émeutes générales du mois de mars dernier, tout indique que cela a créé plus de problèmes que de solutions. À Saint-Louis comme à Dagana, Podor ,Matam, etc  « tour du Sénégal » de la relance, a accru les dissensions entre responsables. Les antagonismes d’hier entre Mary Teuw Niane et Mansour Faye ou Racine Sy et Aïssata Tall Sall démontrent que cette tournée a finalement embrayé sur une lutte fratricide.

Pour une fois, celui qui dit être un « khalife général » en politique, doit se rendre à l’évidence que les responsables de son parti ou de sa coalition ne lui laisseront pas les coudées franches pour les prochaines élections locales. Si son beau-frère Adama Faye n’a pas fait dans la langue de bois pour dire Non au diktat présidentiel, les autres responsables, usant de la sournoiserie, n’attendent que le moment propice pour imposer leurs vues.

Si ces élections locales passionnent tant les Sénégalais qui devraient voir triompher la démocratie, c’est parce qu’ils sont conscients que l’abstention n’est pas la meilleure des solutions. Tout en sachant que ces joutes demeureront mouvementées – pour qui veut bien y prêter attention, les Aperistes ne comptent plus attendre un éventuel mot d’ordre du parti qui ne fera que consacrer des « hommes du président ». C’est ainsi que depuis le début de la tournée dite économique, les dissensions sont visibles à chaque étape. On ne se fait plus de cadeaux et tous les coups sont permis.

À Saint-Louis, Mary Teuw Niane affronte ouvertement le « Goro » du président, à Podor Racine Sy compte toujours sur le soutien de Macky pour dégager Aïssata Tall Sall….

Parmi les quarante-cinq départements et cinq cent soixante onze communes que se disputera la classe politique sénégalaise dans les prochains mois, une dizaine dont Saint-Louis, Podor, Matam tiennent haut la corde de l’agitation médiatique. Si l’on a beaucoup parlé des déchirements à l’APR et à BBY, c’est parce que certains responsables jouent leur survie si la logique du troisième mandat se précise plus. C’est pourquoi ces derniers veulent prouver qu’ils n’ont pas démérité et offrent de l’action en mobilisant même s’il faut importer du bétail électoral.

Largement gagné par le pouvoir lors de la présidentielle dernière au point que le président Macky Sall en avait fait son « titre foncier », les différents responsables qui y jouent autant leur réélection que des ambitions présidentielles pour certains, la région du Nord est témoin d’une bataille homérique et indistincte entre APR d’abord et BBY et opposition. Les listes éventuelles de REWMI de Idrissa Seck ou du PLD/AS du transfuge du PDS Oumar Sarr à peine aidées par un massif rapprochement au pouvoir, feront plus dans la figuration. A ce cocktail déjà explosif ne manquait finalement que le grain de sel présidentiel. Ce grave manquement qui devrait être corrigé avec la tournée présidentielle, plombe toute entente.

Campagne déguisée, vecteur de dissensions ou resserrement des rangs ? Le contrôle du leadership régional, un enjeu de taille…

Si à Saint-Louis, le clan du Pr Mary Teuw Niane ne fait plus mystère de sa volonté de diriger la commune, il va de soi que le choix du président Sall portera sur Mansour Faye  son « Goro » et ministre, par ailleurs maire de la vieille ville. Evidemment, le clan Mary Teuw Niane  ne voit pas d’un bon œil l’intervention du palais dans l’arène régionale et locale. Surtout à quelques mois de ces locales. Le déplacement présidentiel sera donc une tentative désespérée de booster la candidature du « Goro » et des autres inconditionnels du Nord.

Aujourd’hui, malgré la nomination de plus de cinq ministres et une dizaine de directeurs généraux entre Saint-Louis et Matam, la probabilité d’un hold-up comme lors de la présidentielle s’éloigne de plus en plus, du fait d’abord des guerres intestines mais surtout de la naissance des flancs du pouvoir d’entités comme Fouta Tampi. « Non, non et non. Cela n’a aucun rapport, ni de près, ni de loin, avec les élections locales », assure l’entourage de Macky Sall.

Promis, juré, craché, disent-ils, si Président Sall se rend dans le Centre puis dans le Nord, c’est pour continuer de constater de visu les avancements des travaux et « prendre le pouls du pays ». Surtout : faire la promotion du plan de relance.

Cheikh Saadbou DIARRA 

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