Sénégal : Après l’incendie de leur usine à Sanyang en Gambie, les chinois « distribuent » 65 millions pour forcer l’ouverture de la SPH d’Abené

@Atlanticactu.com – Fermée depuis 2018 et soumise à une délocalisation à l’issue d’une enquête publique ordonnée par le Gouverneur de Ziguinchor, la société des produits halieutiques (SPH) d’Abené continue d’être la convoitise de certains agents qui ont fait de cette entité, une aubaine sous fonds de corruption. Certains sont allés jusqu’à diviser des familles dans ce paisible village balnéaire pour satisfaire leur avidité. Depuis quelques jours, une délégation s’est rendue à Sanyang en Gambie pour demander le retour des chinois moyennant… 65 millions.

Si les autorités régionales et surtout le ministère de l’environnement ne s’activent pas pour exécuter la délocalisation de l’usine de fabrique de farine et d’huile de poissons d’Abéné, le pire est craindre dans les jours qui viennent. Contraints de démanteler la superstructure de l’usine depuis plus de deux ans après que l’enquête publique ait démontré que les populations avaient rejeté à la majorité cette industrie tueuse silencieuse, les promoteurs chinois tentés de migrer vers Kafountine, ont vu leurs derniers espoirs s’envoler avec le refus de la jeunesse.

Depuis ce véto de la jeunesse de Kafountine qui a mesuré les dangers d’une telle industrie sur ses terres, plusieurs intermédiaires n’ont de cesse de conseiller aux chinois de rester et qu’avec le temps et de l’argent, les populations allaient changer d’avis. En fait, ces sbires adeptes de la corruption, sont soutenus par certains agents de l’administration qui, à des audiences subitement organisées entre Diouloulou, Ziguinchor et les allées du ministère, continuent de faire croire aux promoteurs que la réouverture de l’unité est prèsqu’acquise.

Une délégation composée de « notables » de Kafountine, Abéné, des mareyeurs, un agent de l’administration se déplacent à Sanyang où l’usine chinoise venait d’être incendiée pour leur exiger un droit d’entrée de 65 millions afin de corrompre et d’obliger les populations d’accepter 

Profitant du désarroi des chinois dont l’une des industries venait d’être incendiée, une délégation dont nous tairons les noms pour le moment, ont fait cap sur la Gambie, histoire de convaincre les promoteurs qu’ils étaient les bienvenus à Abéné comme à Kafountine. Sauf qu’il fallait sortir des espèces sonnantes et trébuchantes pour convaincre les jeunesses des deux villages. Le sieur LIN ZIJUN l’administrateur de ladite société mettra sur la table 65 millions de francs CFA, confirme Aladji Diouf un proche du promoteur qui était présent à la rencontre. « J’ai dit LIN ZIJUNG que ces gens l’ont assez arnaqué avec des promesses. Ce qu’il a donné comme dessous de table près de trois ans pourrait construire une nouvelle usine ailleurs ».

« C’est une autorité qui m’a appelé au téléphone pour me demander de faire partie d’une délégation qui doit rencontrer les chinois en Gambie », B. Diassy l’un des membres de la délégation. Ce dernier surpris quand on lui a appris les vraies raisons de son voyage, « L’autorité nous a dit avant notre départ que c’est le président Macky Sall qui veut que nous allions solliciter le retour des chinois. Avant de partir, nous avons tous reçu une somme de 50.000 francs et au retour, le double nous a été remis avec la promesse d’avoir un « salaire mensuel » dès que l’usine fonctionnera ».

Pour Solo Diatta l’un des responsables de la contestation  d’Abéné qui dit ne pas être surpris par cette nouvelle situation, déclare « C’est le président Macky Sall qui doit nous aider en mettant fin à l’existence de cette usine. Nous nous sommes battus légalement pour obtenir sa délocalisation et l’État doit respecter notre volonté dans ce sens ».  D’ailleurs, révélera Solo , « Nous sommes au courant des démarches de certains individus qui n’habitent pas ici et ce, pour leur propre intérêt. En plus, quel intérêt y’a t’il de convaincre des vieux qui ne savent ni lire, ni écrire du bien fondé de cette usine? ».

Comment l’administration peut-elle expliquer aux populations qu’une usine de congélation se transforme en unité de fabrique de farine et d’huile de poissons ? Car le 27 mars 2017, le Préfet de Bignona d’alors Amadou Lamine Guissé faisant suite au rapport du chef de la direction de l’environnement et des établissements classés, qui avertissait que le Code de l’environnement et son décret d’application 2001-282 du 12 avril 2001 en ses articles L48 et R 1 disposait : Toute installation classée qui, en raison de sa dimension, de la nature de ses activités ou de son incidence sur le milieu naturel, est susceptible de porter atteinte à l’environnement, doit faire l’objet d’une étude d’impact préalable.

La SPH ne bénéficie pas d’un certificat de conformité environnementale, qui est une pièce requise pour tout projet de développement ou activité susceptible de porter atteinte à l’environnement. Et, par conséquent, le non respect de ces dispositions réglementaires constitue une violation grave au code de l’environnement. Et face à cette situation, la SPH doit arrêter les travaux et fermer

Le 15 mars dernier, suite à un meurtre ayant impliqué un sénégalais, les populations du village gambien de Sanyang ont bruyamment manifesté, détruisant les biens de nos compatriotes établis sur place depuis des dizaines d’années. Les manifestants ne s’arrêteront pas en si bon chemin, ils incendieront l’unité de fabrique de farine et d’huile de poissons. Pourquoi avoir incendié cette industrie, telle est la question que nombreux observateurs se posent.

De 2017 avec l’avènement au pouvoir du président Adama Barrow, les chinois se sont introduits dans la promotion des usines de fabrique de farine et d’huile de poissons à Sanyang, Kartong, Gunjur. Conscients des dégâts environnementaux de telles industries, les gambiens se sont toujours opposés à leur ouverture mais, le pouvoir est passé outre en y envoyant l’armée pour surveiller les édifices. Les émeutes de Sanyang auront été une occasion d’en finir avec l’unité implantée sur place.

Par ailleurs, il convient de rappeler que les gambiens dont les villages sont frontaliers à Abéné s’étaient impliqués pour combattre l’usine construite dans ce village touristique. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles, les manifestants en voulaient aux sénégalais qui ont été soutenus pour la fermeture de l’usine et qui ont accepté de travailler pour les chinois en Gambie.

Cheikh Saadbou Diarra 

 

 

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