Justice : Les greffiers prennent acte des promesses du Garde des Sceaux et suspendent leur grève

Quarante huit heures à peine après la rencontre avec le Garde des Sceaux, ministre de la justice Me Malick Sall, le Sytjust répond à la main tendue en suspendant le mot d’ordre de la grève entamée depuis plus de deux mois. Lors de ce face à face facilité par Me Doudou Ndoye et en présence du Bâtonnier de l’Ordre des avocats, des représentants du Haut conseil du dialogue social, du représentant de l’Association des juristes africains et du secrétaire général de l’UNSAS, l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal, avait débouché sur des promesses du ministre.

Les greffiers qui avaient pris acte de la demande du ministre de la justice de lever le mot d’ordre de grève et avaient promis d’en référer à la base avant toute décision, ont démontré une fois de plus leur sens de la responsabilité. Rien que sur la base des promesses faites par Me Malick Sall, Aya Boune Malick Diop et le Bureau Exécutif National du Sytjust qui, â l’issue de la rencontre du lundi 24 août, « de 17 heures à 23 heures 55 minutes », dans les locaux de son département, ont convaincu leurs camarades de renoncer provisoirement à la grève.

Car, lors de cette rencontre, le garde des Sceaux s’est engagé « à tout mettre en œuvre pour accomplir toutes diligences à l’effet de faire payer au cours du mois de septembre 2020, un montant utile dans le cadre des primes dont la mise en œuvre pérenne sera assurée par un texte étudié et proposé par le comité qui tiendra sa première réunion le jeudi 27 août 2020 à 17 heures ». En plus, Me Malick Sall avait précisé que « ledit comité poursuivra l’étude et la préparation des projets de textes concernant les statuts des travailleurs de la Justice et l’assiette du fonds commun des greffes ».

Atlanticactu tient de source bien au fait de ce qui se trame que le Sytjust, malgré quelques réticences, va se prononcer pour la levée du mot d’ordre de grève ce mercredi à l’occasion d’une réunion du Bureau Exécutif National. Une épine de moins dans le pied du gouvernement qui avait été entraîné dans un bras de fer où le citoyen a énormément même si également, le Trésor Public a été sevré de centaines de millions.

Pour faciliter la mise en œuvre de ces engagements, le Garde des Sceaux demande au SYTJUST la suspension du mot d’ordre de grève avant la tenue de la réunion du comité prévue le 27 août 2020

« Nous avons conseillé au Sytjust d’aller dans le sens de l’apaisement. Car, aux yeux l’opinion publique, leurs revendications sont tout à fait légitimes et qu’il ne faudrait pas tomber dans le piège du jusqu’à boutisme qui pourrait se retourner contre l’es greffiers », nous confie un membre de l’UNSAS.

Selon ce dernier qui dit préférer laisser au Sytjust le privilège de publier la teneur de leur décision, « Nous accompagnons le Sytjust c’est pourquoi nous pouvons donner notre avis . Aujourd’hui, ne pas répondre à la main tendue du ministre qui avait annoncé qu’il ne les recevrait pas , c’est se faire hara kiri dans la mesure où la communication de la tutelle a toujours été axée sur la boulimie des greffiers et non sur leurs droits d’exiger l’application de décrets déjà pris ».

Joint au téléphone, le Secrétaire Général du Sytjust, Me Aya Boune Malick Diop refuse de commenter. Selon le greffier syndicaliste, nous avons pris acte des propositions du ministre, « nous avons également pris en compte les conseils du facilitateur Me Doudou Ndoye et des autres entités présentes ».

Mais, consent il à nous dire, « Comme promis, il revient à la base de décider même si aucune décision n’est à écarter ». Des propos empreints de sagesse qui démontrent encore que malgré la « scission » notée, le Sytjust demeure un interlocuteur incontournable pour éviter que la paralysie du système judiciaire se prolonge encore.

Pour rappel, le Syndicat des travailleurs de la justice a entamé une grève le 2 juin dernier, pour demander l’application d’accords déjà signés avec le gouvernement. Le SYTJUST réclame notamment la publication de décrets prévoyant de nouveaux coûts dans les frais de justice, pour alimenter le fonds commun des greffes.
Les décrets prévoient également la création de nouveaux corps chez les travailleurs de la justice.
Charlotte Diop (Atlanticactu.com)

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