Opinion : Après avoir égratigné les apologistes du 3ème mandat, Umaru Sissoco Embalo invité à regerder le rétroviseur (Par Madalena Mendes)

« C’est la peste qui se moque du choléra », d’après Madalena Mendes qui rappelle au « général » Umaru Cissoko Embalo ses acrobaties et son imposture soutenues par la Cedeao. Lors du sommet extraordinaire des Chefs d’État de la CEDEAO consacré à la situation au Mali, en date du 20 Aout 2020, les propos du Président auto-proclamé de la Guinée Bissau, Umaru Sissoco Embalo ne sont pas passés inaperçus. 

En effet lors de sa prise de parole, au cours de cette vidéo-conférence, il a tenu des propos discourtois envers le Président Alassane Ouattara (ADO) et le Président Alpha Condé. 

Umaru Sissoco Embalo a dit, pour paraphraser, qu’un troisième mandat est synonyme de coup d’État alors que ces deux chefs d’État ont la ferme intention de briguer la Magistrature Suprême de leur pays pour la troisième fois consécutive. 

Ces propos de Umaru Sissoco Embalo ont surpris plus d’un et ont créé un profond malaise au sein de cette organisation, il faut rappeler que c’est assez inhabituel qu’un Chef d’État s’exprime de la sorte et par principe évite de s’ingérer ouvertement dans les affaires internes d’un autre pays membre ! Plus grave encore, Umaru Sissoco Embalo aurait dit au Président Alassane Ouattara de le traiter au même rang que tous les Chefs d’État et qu’il n’y a pas de petit pays lorsque le Président ADO lui aurait appelé affectueusement “fiston”.

Les activistes et autres panafricains se sont saisi de l’occasion pour jeter des fleurs à Umaru Sissoco Embalo sans se poser la question de la cause d’un tel affront aux Présidents Alpha Condé et Alassane Ouattara. Il est primordial de rappeler que c’est un Coup d’État qui a permis à Umaru Sissoco Embalo d’assumer la fonction de Président de la République de Guinée Bissau avec la bénédiction de certains Chefs d’État membre de la CEDEAO, notamment Macky Sall (Sénégal), Muhammudu Buhari (Nigéria) et celui qui a légitimé dans ses fonctions de Président en exercice de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou (Niger).

Umaru Sissoco Embalo a été déclaré vainqueur par la Commission Nationale des Élections (CNE) le 1er janvier 2020. Dans la foulée son adversaire Domingos Simoes Pereira a déposé un recours à la Cour Suprême de la Guinée-Bissau pour irrégularités et fraudes massives sur 1300 bureaux de vote constatés. Il est important de dissiper tout doute quant à la compétence de la Cour Suprême de Justice en matière de contentieux électoral. Umaru Sissoco Embalo a déclaré – lors de plusieurs interviews sur des médias internationaux dont France24 et RT – qu’en Guinée-Bissau, la Cour Suprême de Justice n’est pas compétente quand il s’agit d’un litige électoral.

FAUX : L’Article 142 du Code Électoral stipule : Objet du recours et Juridiction compétente

Les intéressés peuvent interjeter un recours auprès de la plénière de la Cour Suprême de

Justice contre les décisions prononcées par la CNE au sujet des réclamations, protestations et contestations.

L’Article 145 stipule : Effets du recours

La présentation du recours suspend les effets de la décision à laquelle il s’applique.

 

Le recours de Domingos Simoes Pereira a été admis et la Cour Suprême a ordonné un dépouillement nationale des votes, dépouillement que le Commission Nationale des Élections n’a pas exécuté et plus grave, la CNE a proclamé les résultats définitifs alors qu’un recours avait été déposé. Comme le stipule l’article 145 du Code Électoral, le recours a un effet suspensif. Domingos Simoes Pereira a de nouveau déposé autre recours auprès de la Cour Suprême de Justice de Guinée-Bissau qui a une nouvelle fois ordonné à la Commission Nationale des Élections une reprise Ab initio du recomptage des votes.

C’est à ce moment, précis, en pleine période de Crise sanitaire du au COVID 19, sans tenir compte du recours à la Cour Suprême, le candidat Umaro Sissoco Embalo s’est proclamé vainqueur, dans la foulée, il a annoncé unilatéralement la date de son investiture alors que c’est une prérogative de l’Assemblée Nationale Populaire, il a prêter serment en présence d’une minorité des députés dans un Régime Parlementaire, s’est fait investir par le premier-vice-président de l’Assemblée Nationale Populaire qui au passage a usurpé les fonctions du Président de l’ANP.

Toutes les institutions de l’État y compris la Cour Suprême de Justice ont été prises d’assaut par des militaires qui n’ont pas hésité à s’en prendre à l’intégrité physique de certains juges de la Cour Suprême. Les forces spéciales de la CEDEAO présentes ont regardé passivement ce Coup d’État militaire et anticonstitutionnel se dérouler, abandonnant ainsi leur mission de protection des Institutions et des autorités de l’État.

C’est à ce moment que nous avons assité à la fourberie de la CEDEAO, qui dans son Communiqué du 2 mars 2020 a déclaré qu’elle ne reconnaîtra pas Umaro Sissoco Embalo et du jour au lendemain, la CEDEAO a fait un virage a 180º en déclarant reconnaitre Umaro Sissoco Embalo comme président de la République alors que le contentieux électoral n’est, jusqu’à ce jour, pas vidé à la Cour Suprême de Justice. 

D’un point de vue purement légal Umaru Sissoco Embalo n’est pas président de la République. Il a pris le pouvoir par un jeu d’alliance avec certains partis politiques proches de l’armée et par la force. Rappelons que la Cour Suprême de la Guinée-Bissau fait, également, office de Cour Constitutionnelle.

Les attaques de Umaro Sissoco Embalo sont, tout simplement, un règlement de compte envers ces deux Présidents qu’il accuse d’être proche de son adversaire Domingos Simoes Pereira et de l’avoir soutenu lors de la Présidentielle. Il en veut, particulièrement, au Président Alpha Condé envers lequel il avait tenu des propos à la limite offensant lors de son entretien dans Jeune Afrique, en Janvier 2020.

Ce Président autoproclamé est en quête permanente d’actions qui lui permettront de faire le buzz et/ou de légitimer sa position. On se souvient de la médiatisation autour du Covid Organics qu’il avait faite, en dépêchant son Ministre de la Défense auprès du Président malgache. Ce dernier avait gracieusement offert plusieurs doses du Covid Organics à la Guinée-Bissau et au pays de la CEDEAO. Mais plusieurs cartons du Covid Organics ont été aperçu dans les entrepôts de l’aéroport de Bissau croulant sous la poussière…

Pour conclure, comment un homme arrivé au Pouvoir par un Coup d’État peut se permettre de donner des leçons au sein d’une organisation mafieuse, la CEDEAO qui l’aurait installé ?

Madalena Mendes

Email : presidentiellesgbissau@pm.me

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