Covid-19 : Au Sénégal, malgré les « assurances » le pire serait à venir ?

Les alertes du personnel médical et les consignes répétitives sans compter l’immobilisme du gouvernement quant à une riposte appropriée au Coronavirus, font penser que le pire est à venir. Les doutes sur l’avenir du virus au Sénégal se confirment avec la tournée entreprise par le Pr Moussa Seydi à l’intérieur du pays. Comme un Général, le chef du Service des Maladies Infectieuses du Centre Hospitalier Universitaire de Fann m tenait à remobiliser ses troupes malgré la quasi inexistante de matériel de riposte dans certaines régions.

Bien que le Sénégal soit jusque-là moins touché que la plupart des pays africains ou développés par l’épidémie de coronavirus, la fragilité de l’économies nationale le rend plus vulnérable à une propagation à grande échelle de la maladie. Exode des populations, risque de défaut de certaines régions , perte massive de productivité : c’est plusieurs personnes qui pourraient être sacrifiées si les économies développées ne viennent pas davantage au secours du pays.

La diminution ou la stabilisation des taux d’infection au coronavirus ainsi que les plans d’instauration de l’état d’urgence et de début d’un probable confinement offrent une lueur d’espoir après plusieurs semaines d’obscurité totale. En revanche, pour le Sénégal, la crise débuterait à peine , et le tribut humain d’une épidémie majeure de Covid-19 sur le sol pourrait s’annoncer d’une ampleur encore plus considérable que dans n’importe quelle économie développée. Cela vaut notamment pour le Sénégal et les pays de l’Afrique subsaharienne. Plusieurs pays de la région rencontreraient d’importantes difficultés dans la mise en oeuvre des règles de distanciation sociale et autres mesures visant à aplanir la courbe de contagion.

Au Sénégal où le système de santé déjà fragile pourrait se retrouver rapidement submergé par l’épidémie, en particulier dans les zones densément peuplées et disposant d’un plateau médical obsolète, comme l’a souligné la directrice des Établissements Publics de santé, Docteur Fatou Mbaye Sylla à l’occasion d’une tournée dans les régions orientales et Sud du pays.

Le Sénégal reste pour l’heure relativement épargné par l’épidémie, avec un total de quelque 422 cas officiellement recensés pour 6 morts. Mais le pire resterait encore à venir selon des médecins.

Crainte et même attendue par plusieurs experts occidentaux, l’Afrique continue de tenir la route. Dans ce sillage, le Sénégal pourrait être considéré comme l’un des meilleurs élèves du continent avec un taux testable de guérison.

La catastrophe sanitaire annoncée aura-t-elle donc lieu ? Il y a deux semaines, les prévisions des experts étaient effrayantes et les mises en garde du Pr Seydi avaient fini de plonger une importante frange de la population dans une psychose. Mais, le projet de confinement total du Président Macky Sall sera la goutte d’eau de trop car,nombreux sont ceux-là qui se disent déjà que « Le Sénégal allait être rapidement submergé par la pandémie de coronavirus, un cataclysme en puissance dans un pays pauvre, au système de santé défaillante et à un incivisme sans commune mesure.

Aujourd’hui, quatre questions taraudent l’esprits des sénégalais :
1/ Où en est l’épidémie ?
2/ Les chiffres reflètent-ils la réalité ?
3/ La prévention est-elle efficace ?
4/ Le Sénégal a-t-il eu le temps de se préparer ?

Les véritables défis restent le nombre de lits disponibles dans les unités de soins intensifs ne dépasse pas 5 pour deux millions d’habitants, contre 4.000 en Europe. Et celui des « respirateurs » dans les hôpitaux publics est inférieur à 100. Ce constat fait, personne n’ose pronostiquer l’ampleur que l’épidémie prendra sur le continent. « À défaut d’être une cause de mortalité jamais égalée, le Covid-19 peut aussi semer la dévastation économique et sociale »,

Pape Sané (Atlanticactu.com)

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