Côte d’Ivoire : Après les milliards obtenus au Sénégal, Bictogo crée sa fondation

L’ancien Ministre Adama Bictogo, discret depuis l’affaire des visas électroniques au Sénégal en 2016, l’affaire de son interpellation à l’aéroport de Roissy en 2017 pour fraude et le scandale des 30 milliards de Fcfa qui lui ont été versés pour la construction de l’université Amadou Mactar Mbow , un fantôme qui devait être fonctionnelle… en octobre, 2017, refait parler de lui. L’homme qui doit bénéficier de solides protections, bien de lancer sa propre fondation. En tous cas, l’État du Sénégal aura contribué à enrichir un homme poursuivi dans son pays pour avoir trempé dans le détournement des fonds destinés aux victimes des déchets toxiques du bateau Probo Koala.

L’ancien ministre ivoirien de l’Intégration Africaine cité dans plusieurs scandales dont certains qui se chiffrent à des dizaines de milliards au Sénégal, refait parler de lui. Mais, pour cette fois dans le bon sens. En pleine crise de Coronavirus et de suspicions de l’opinion née du flou quant aux décaissements et autres emprunts qu’elle a occasionné, l’homme d’affaire Adama Bictogo « en disgrâce » auprès du président ADO et qu’on dit proche du Premier Ministre, cadre actif du parti au pouvoir, a lancé depuis le 16 avril dernier sa fondation « Bictogo Initiatives », comme en atteste la publication officielle.

Une initiative que de nombreux ivoiriens considèrent comme une volonté de l’homme d’affaires rendu tristement célèbre , de se redonner une nouvelle virginité notamment politique. Car, dans les statuts de cette dernière du fondateur de la Société Nationale d’Edition de Documents Administratifs et d’Identité (SNEDAI), cette fondation a pour fondement la promotion de « l’entreprenariat de croissance », comme relevé sur une communication.

En l’espace de quatre ans, le Sénégal perd et fait gagner à Adama Bictogo près de 50 milliards de francs Cfa. Une manne financière qui aurait beaucoup aidé en ces périodes de pandémie

Inconnu au bataillon jusqu’en 2012, Adama Bictogo privilégie la destination du Sénégal où il est régulièrement reçu par les nouveaux dignitaires. Une proximité qui débouchera rapidement sur l’octroi de marchés publics à milliards dont le premier est celui du visa électronique mis en place au nom de la réciprocité avec l’occident. Un projet pharaonique qui mourra de sa belle mort en quelques mois.

Mais, l’homme d’affaires empochera plus de 12 milliards de l’état pour « rupture abusive » du contrat de la Sneidai par le Sénégal. Pourtant, durant la période d’exploitation, les recettes de ce service de visa n’auraient pas été versées dans les caisses du Trésor sans compter que Adama Bictogo n’aurait pas rempli les sa partie de contrat consistant à construire des commissariats et postes frontaliers.

A peine un an après avoir fait main basse sur ces plus de 12 ou 16 milliards, c’est selon, le patron du groupe Snedai, l’homme d’affaires ivoirien Adama Bictogo est interpellé, mi-mai 2017, par les douanes françaises à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Ce dernier n’avait pas déclaré une forte somme d’argent liquide au moment de prendre son vol pour regagner la Côte d’Ivoire. Selon nos sources, l’ancien ministre de l’intégration était en possession de 7 000 € et de quelque quatre millions F CFA, soit plus de 6 000 €.

Après avoir empoché 12 milliards du Sénégal, Adama Bictogo au cœur d’un nouveau scandale financier portant sur 30 milliards qui devraient servir à la construction de l’université Amadou Moctar Mbow. Macky Sall rompt le contrat sans aucune poursuite judiciaire comme dans le cas de Snedai

Alors qu’on avait pas fini de s’émouvoir sur les 12 milliards de francs remis à Bictogo en guise de « réparation » de préjudice dans l’affaire Snedai, personne ne pouvant penser que le gouvernement octroierait à nouveau un contrat à l’homme d’affaires ivoirien, la surprise a été grande d’apprendre qu’à travers une autre de ses sociétés Malylis BTP gagnait le marché de la construction de l’université de Diamniadio.

Dans un pays responsable, et en raison du montant faramineux mis en cause, une information judiciaire devrait être immédiatement ouverte contre l’ancien ministre de l’intégration en Côte d’Ivoire. Car, 30 milliards de Fcfa ont été décaissés pour cette université fantôme qui devait être fonctionnelle… en octobre 2017.

Comme dans l’affaire des visas, en sentant que le pot aux roses était découvert, Adama Bictogo menaçait de saisir la justice pour exiger réparation de la part de l’Etat pour le « préjudice subi ». Ce que Marylis Btp confirme d’ailleurs dans un communiqué publié dans lequel la société «réfute les motifs allégués » indiquant que «pour la sauvegarde de ses intérêts », mais face à la fermeté de Mary Tew Niane, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Bictogo a décidé «d’en référer à ses conseils » avant de plonger définitivement dans l’oubli laissant sur place un chantier à 20% .

Espérons que le Président Macky Sall n’aura pas octroyé le contrat de la construction du nouveau palais secondaire de Diamniadio à l’homme d’affaires ivoirien.

Cheikh Saadbou Diarra (Atlanticactu.com)

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