Sénégal
Atlanticactu/ CRADESC/ MOCODOM/ Travailleurs Domestiques/ Serigne Ndong
Une étude du CRADESC présentée lors de l’atelier MOCODOM met en évidence la forte précarité des travailleurs domestiques au Sénégal. Le secteur est marqué par l’absence quasi totale de contrats, de faibles revenus, des violences basées sur le genre et une protection sociale inexistante.
Menée dans divers environnements, des quartiers populaires aux zones résidentielles, l’enquête combine approches quantitatives et qualitatives, ainsi que des consultations avec la société civile et des partenaires internationaux.
Les résultats montrent une forte présence de jeunes : 57 % des travailleurs ont entre 15 et 25 ans, tandis que plus de 21 % sont âgés de 12 à 15 ans, en violation des textes sur le travail des mineurs. Par ailleurs, 67,5 % ont été scolarisés, indiquant un manque d’opportunités plutôt qu’un déficit d’éducation.
Le rapport critique aussi un cadre juridique dépassé, notamment le Code du travail de 1978. Ainsi, 98,5 % des travailleurs n’ont aucun contrat, 94 % ignorent leurs droits et la quasi-totalité n’est pas déclarée. Cette situation favorise abus et insécurité professionnelle.
Les conditions de travail sont jugées éprouvantes : plus de 56 % dépassent huit heures quotidiennes, parfois jusqu’à 70 heures hebdomadaires, pour une norme légale de 40 heures. Les travailleurs logés chez leurs employeurs (37,5 %) sont particulièrement vulnérables, exposés à des conditions de vie dégradantes.
Sur le plan salarial, plus de 51 % perçoivent moins que le SMIG, fixé à environ 58 900 FCFA. Malgré la loi, près de 90 % ne bénéficient d’aucune couverture sociale. Enfin, 98,9 % déclarent avoir subi des violences, souvent tues faute de mécanismes de dénonciation efficaces. Le CRADESC appelle ainsi à une réforme urgente du cadre légal.
