mercredi, 5 août 2026 12:45

Pétrole à 88 dollars : l’État revoit son budget de 250 à 729 milliards de FCFA

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Sénégal

Atlanticactu/ Prix des carburants/ Pétrole/ Énergie/ Serigne Ndong

Le gouvernement sénégalais maintient son engagement en faveur de la stabilité des prix des produits énergétiques, malgré une forte hausse des besoins de financement. Alors que les prévisions initiales tablaient sur une enveloppe de 250 milliards de FCFA, l’État prévoit désormais de mobiliser 729 milliards de FCFA pour soutenir les prix à la consommation. Cette révision s’explique principalement par la progression du prix du baril de pétrole au cours des derniers mois.

Au 3 août 2026, le baril de pétrole s’échange à 88 dollars, alors que les projections budgétaires de l’État avaient été élaborées sur la base d’un prix de 64 dollars. Cette évolution renchérit considérablement le coût des subventions. D’après le Document de planification budgétaire économique pluriannuelle (Dpbep), les dépenses destinées à préserver la stabilité des prix atteindront ainsi 729 milliards de FCFA, contre une estimation initiale de 250 milliards de FCFA.

L’année précédente, les subventions à l’énergie s’étaient élevées à 412 milliards de FCFA. Cet important effort budgétaire permet au Sénégal de maintenir les prix des principaux produits pétroliers, contrairement à la Côte d’Ivoire où, depuis le 1er août, les autorités ont relevé de 30 FCFA le prix du litre d’essence et de 25 FCFA celui du gasoil, les portant respectivement à 905 FCFA et 725 FCFA.

Au Sénégal, la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse) avait procédé, le 6 décembre dernier, à une réduction des tarifs des carburants. Le litre de supercarburant est ainsi passé de 990 FCFA à 920 FCFA, tandis que celui du gasoil est descendu de 755 FCFA à 680 FCFA, soit une baisse de 70 FCFA pour chacun de ces produits.

Les tarifs de l’électricité avaient également été revus à la baisse. Pour les ménages consommant entre 0 et 150 kWh, le prix du kilowattheure est passé d’environ 91 FCFA à 82 FCFA, soit une diminution de 10 %. Selon le gouvernement, cette mesure vise à « préserver le pouvoir d’achat des ménages modestes dans un contexte de coût de la vie élevé ».

En revanche, les autres tranches de consommation n’ont pas été modifiées. La tranche comprise entre 151 et 250 kWh demeure facturée à 136,49 FCFA le kWh, tandis que la consommation supérieure à 250 kWh reste fixée à 159,36 FCFA le kWh.

Face à l’alourdissement des dépenses liées aux subventions énergétiques, combiné à des recettes publiques moins dynamiques qu’attendu, l’État a lancé un vaste exercice de modulation budgétaire afin de préserver l’équilibre des finances publiques.

Cette révision a conduit à des réductions de crédits totalisant 687,2 milliards de FCFA. Sur les ressources internes, les coupes concernent 19,8 milliards de FCFA de crédits de fonctionnement et 386,3 milliards de FCFA de crédits d’investissement. À cela s’ajoutent 300,9 milliards de FCFA de modulations sur les dépenses d’investissement financées par des ressources extérieures.

Le gouvernement précise toutefois que ces ajustements ont été réalisés de manière ciblée afin de préserver les dépenses jugées prioritaires, notamment le fonctionnement des représentations diplomatiques et consulaires, les fonds destinés aux collectivités territoriales, les budgets consacrés à l’éducation, à la santé et à la sécurité, ainsi que les subventions essentielles au secteur agricole et les charges salariales.

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