mercredi, 5 août 2026 12:45

Course à l’ONU : Macky Sall fragilisé, Carlos Lopes explique les raisons

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Atlanticactu/ Élection de l’ONU/ Macky Sall/ Serigne Ndong

Le premier scrutin indicatif organisé au Conseil de sécurité des Nations unies a révélé les importantes difficultés auxquelles est confrontée la candidature de l’ancien président sénégalais, Macky Sall, au poste de secrétaire général de l’ONU. Crédité de seulement six votes d’encouragement, contre sept votes de découragement et deux positions neutres, l’ancien chef de l’État se retrouve parmi les candidats les moins bien classés à ce stade de la procédure. Pour Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, ce résultat était largement prévisible au regard du contexte diplomatique actuel.

Le principal frein réside dans le principe de rotation régionale, une pratique non écrite mais traditionnellement respectée au sein de l’organisation. Cette fois, une majorité d’États considère que le prochain secrétaire général devrait être issu de l’Amérique latine ou des Caraïbes. Carlos Lopes estime qu’en présentant un candidat africain, le continent risque d’affaiblir une règle dont il a lui-même bénéficié avec les mandats de Boutros Boutros-Ghali et de Kofi Annan.

À cette contrainte géopolitique s’ajoute le manque d’unité au sein de l’Afrique. La candidature de Macky Sall n’a pas obtenu l’appui officiel de l’Union africaine, plusieurs États influents ayant exprimé leurs réserves au nom du respect de l’alternance entre les régions du monde. Carlos Lopes souligne également que la gestion de ce dossier sous la présidence tournante du Burundi a suscité des divergences et des zones d’ombre institutionnelles, compliquant davantage la recherche d’un soutien unanime de l’organisation continentale.

Autre facteur défavorable : l’élan international en faveur de la nomination d’une femme à la tête des Nations unies. Après près de 80 ans d’existence sans secrétaire générale, de nombreux États souhaitent voir cette page de l’histoire s’écrire. Cette dynamique profite notamment à la candidate costaricienne Rebeca Grynspan, qui est arrivée largement en tête de ce premier vote indicatif.

En dépit de ces obstacles, Macky Sall a confirmé son intention de poursuivre sa candidature. Une décision que Carlos Lopes juge cohérente, rappelant que ces votes préliminaires ont avant tout pour objectif de mesurer les rapports de force avant les étapes décisives d’un processus qui peut encore évoluer, même si l’ancien président sénégalais apparaît, pour l’heure, comme le candidat le plus fragilisé.

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