samedi, 3 octobre 2026 18:46

Softcare : la mission parlementaire pointe de graves failles dans le contrôle des produits

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Des matières premières périmées, l’absence de pharmacien responsable, des rapports d’inspection aux conclusions divergentes et une communication institutionnelle contradictoire : la mission d’information parlementaire sur la commercialisation des produits SOFTCARE dresse un constat préoccupant du dispositif de contrôle.

Instituée en application de l’article 51 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la mission d’information parlementaire, à l’initiative de la Commission de la Santé, de la Population, des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, avait pour objectif d’examiner les conditions dans lesquelles les produits de marque SOFTCARE ont été inspectés, retirés puis remis sur le marché au Sénégal.

Au cœur du dossier : les inspections menées par l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP) entre 2024 et 2025. Trois opérations de contrôle ont notamment fait apparaître plusieurs non-conformités critiques, dont la présence de matières premières périmées. Au total, 2 260 kg de matières premières ont été détruits, selon les éléments examinés par la mission.

Les rapports ont également relevé des insuffisances dans la traçabilité des matières premières ainsi que l’absence de pharmacien responsable durant certaines périodes. En revanche, la mission précise que les éléments recueillis ne permettent pas d’établir avec certitude que des matières premières périmées ont été utilisées dans le processus de fabrication.

Des décisions qui ont semé le trouble

Le dossier s’est également compliqué à la suite de décisions successives concernant le retrait puis la remise sur le marché des produits SOFTCARE. Ces décisions ont donné lieu à des divergences internes au sein de l’ARP et à des communications institutionnelles contradictoires.

Pour établir les faits, la mission parlementaire a procédé à des auditions contradictoires des différentes parties prenantes. Elle a également examiné les rapports d’inspection, les documents techniques ainsi que les pièces versées au dossier.

Au terme de ses travaux, elle relève des incohérences dans certains rapports d’inspection, des insuffisances dans la gestion et la traçabilité des matières premières, mais aussi des dysfonctionnements dans la chaîne décisionnelle et dans la coordination entre les différentes institutions concernées.

Le cadre réglementaire à renforcer

La mission met notamment en avant les lacunes de coordination entre l’ARP, le ministère de la Santé et le ministère du Commerce. Elle recommande ainsi de renforcer les mécanismes de collaboration et de clarifier les responsabilités de chaque acteur.

Parmi les principales recommandations figurent également l’adoption du décret d’application de la loi n°2023-06, le renforcement des pouvoirs d’inspection de l’ARP et la formalisation de sa chaîne décisionnelle interne.

La mission ne conclut donc pas à l’utilisation avérée de matières premières périmées dans la fabrication des produits SOFTCARE. Elle estime toutefois que les irrégularités et insuffisances relevées constituent des risques sérieux qui justifient un renforcement des pratiques industrielles, du contrôle réglementaire et de la gouvernance institutionnelle.

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