Mal gouvernance : Au cœur de la caste politico-administrative, Atlanticactu.com livre les secrets sur les pistons, promotions canapé, camouflages, recasages…

On en sait davantage sur les mauvaises performances de l’administration. dans une enquête menée par Atlanticactu.com, il apparaît que les fondamentaux qui faisaient jadis la fierté de l’administration post-coloniale, la Méthode et l’Organisation sont de nos jours remplacées par une politisation accrue de cette administration au point que les maîtres-mots sont aujourd’hui le »Népotisme, les pistons, les promotions canapé, etc … ». A travers ces nouveaux concepts qui ont pris naissance dans l’une des meilleures administrations d’Afrique post-coloniale, il nouvelle caste est née, celle des « intouchables d’Etat ». Une caste qui a oublié la devise de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), « Se Servir et non s’Asservir au Pouvoir ».

Jadis théorisé par Me Abdoulaye Wade qui se targuait d’avoir créé plusieurs milliardaires, avec nos deniers publics en passant,incarnée aujourd’hui par le Président Macky Sall, une nouvelle noblesse d’État dirige le Sénégal. Une  » caste  » de hauts fonctionnaires plus que jamais minée par l’entre-soi et les conflits d’intérêts. Ils exploitent leurs carnets d’adresses pour faire fortune comme banquiers d’affaires, consultants ou lobbyistes. Et dans cette course folle où tous les coups sont permis, le Citoyen est royalement ignoré. Pour preuve, il suffit de parcourir les derniers rapports des Corps de Contrôle de l’Etat et de voir le traitement accordé par la première institution pour comprendre l’agenda de cette nouvelle caste a pris depuis longtemps le dessus sur les aspirations légitimes des citoyens.

Une caste régie au sein de « l’entre-soi » au point que la «noblesse d’État a fini par faire face à la ripaille d’Etat et de provoquer des dysfonctionnements considérables.

Pour avoir eu l’occasion de découvrir une sorte de nomenklatura plus attachée à défendre ses privilèges parfois exorbitants que ceux du Sénégal, j’ai compris que le rêve nourri par les « Pères » de l’Indépendance était en train de se transformer en cauchemar, notre cauchemar pour être plus précis. Qu’en était-il ailleurs dans l’État ? Notamment à Peytavin, le fief des fiefs ? Voilà la question de départ. Qu’en est-il des rémunérations des hauts fonctionnaires ? Comme se fait-il que le commun des fonctionnaires doive « rendre publics » leurs salaires alors que les hauts fonctionnaires, payés au prix fort avec de l’argent du contribuable, les tiennent toujours secrets ? La recherche des réponses à cette question et à bien d’autres est restée vaine. Ainsi, chez Les Intouchables d’État, plus de 200 hauts fonctionnaires – dont la liste et les émoluments ne peuvent malheureusement pas être publiés sous risque d’être embastillé – gagnent davantage que le président de la République. Plus largement, pour comprendre le fonctionnement de cette « caste » qui, comme le dit un ancien ministre du Budget, vit dans « l’entre-soi » et jouit de « protections hors du temps ».

Cette caste qui est un vrai nouvel ascenseur social, est à l’origine effectivement des nombreux conflits d’intérêt que l’on observe au sommet du pouvoir, particulièrement depuis l’élection de Macky Sall. À tel point qu’aujourd’hui l’État lui-même doit parfois modifier ses contours pour y échapper. Je pense notamment aux « power couples » formés par de hauts fonctionnaires et de ministres de la République. Ce type de conflits d’intérêts se retrouve à l’échelon en dessous chez les directeurs d’administration centrale ou les patrons d’établissements publics. Par exemple, ces hauts cadres des Finances ou des Impôts qui pantouflent comme conseillers fiscaux dans de grands cabinets du Privé, afin d’aider leurs clients privés à contourner des règles fiscales dont ils connaissent bien les failles… Ces mêmes hauts fonctionnaires s’illustrent dans la complicité de la Mal Gouvernance dans les Collectivités Locales en conseillant Maires et Présidents de Conseils Départementaux sur les stratagèmes pour piller l’Etat en se réservant une part congrue du butin soit dit en passant.

Finalement, que pourrait-on reprocher à l’Etat dans ces pratiques « acceptées » par la Conscience Populaire?

Le premier reproche à faire à l’Etat serait d’empêcher certaines décisions politiques d’aller au bout. Les trois grands corps que sont la Cour des comptes, l’Inspection Générale d’Etat, l’Ofnac et l’Inspection des finances s’opposent, par tous les moyens, à ce que le pouvoir politique réduise leur poids, leur influence. Lors du précédent septennat, le ministre Moustapha Diop s’est heurté à eux lorsqu’il a voulu remettre en cause la règle du « droit d’exercer ». D’autres cas existent où c’est la première institution qui remet totalement en cause le travail d’un de ces organes (Rapport Ofnac 2016, Rapports IGE 2012)

Ce n’est pas tout. Dans la noblesse d’État, l’entre-soi et la cooptation provoquent des dysfonctionnements considérables. Comment se fait-il par exemple que la plupart des grands établissements publics et Agences Nationales soient dirigés des « colorés politiquement incorrects », avec des salaires très élevés alors qu’ils n’ont pas de compétences spécifiques pour cela ?

Mame Penda Sané

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