Journée nationale de la Décentralisation : Macky et Aliou Sall se « crêpent » le chignon sur le bradage foncier

La journée nationale de la Décentralisation a été l’occasion d’un « règlement de comptes » entre le président Macky Sall et Aliou Sall le maire de Guediawaye par ailleurs, président l’association des maires du Sénégal. Si d’emblée, le chef de l’état a pointé du doigt la boulimie des élus « qui distribuent les terres aux premiers venus », pour Aliou Sall, « il faut mettre fin à la stigmatisation des maires » et pointer du doigt la responsabilité de l’administration.

Le président Macky Sall voudrait-il sonner la fin de la récréation en mettant fin au dépeçage du foncier par certains maires? Son discours lors de la cérémonie d’ouverture s’y prête même si les sénégalais sont habitués aux grandes prises de décisions sans effet aucun. Face aux élus, Macky Sall a tenu à préciser que pour la cohésion nationale, il se montrera intraitable face aux faces rebelles et affairistes.

« Nous maintiendrons l’autorité de l’État car l’intégrité territoriale et la cohésion nationale ne sont pas négociables », a déclaré le président de la république face aux élus et de révéler, « tous les jours, je revois 20 à 50 dossiers les uns plus brûlants que les autres et tous portant sur des litiges fonciers ». Une situation alarmante qui met le pays au centre d’une poudrière si rien fait pour stopper cette gangrène foncière.

Pour Macky Sall, il faut freiner les élus responsables. D’accord, selon Aliou Sall qui désigne préfets, sous préfets, services techniques de l’État comme les vrais responsables et de préciser, « l’AMS ne protègera personne »

Après avoir révélé que 95% des alertes reçues des services de renseignements était lié aux questions foncières, le chef de l’État avait dernièrement pris un Décret pour mieux encadrer la gestion du foncier. Mais, cette décision semble être un coup d’épée dans l’eau quand on sait que la plupart des maires impliqués, ont des complicités dans l’administration pour assouvir leurs désirs.

Ce qui a fait dire au président Sall que la « distribution des terres a atteint des seuils jamais égalés et les permis de construire sont devenus des permis de complaisance ». Le président de l’AMS par ailleurs, petit frère du chef de l’État accuse le coup mais écorche les préfets, sous préfets et services techniques de l’État sans qui, aucune transaction douteuse n’aurait prospéré.

Tout en étant conscient que le foncier constitue l’un des plus grands risques contre la cohésion nationale, Aliou Sall rejette la stigmatisation faite sur les maires. Pour le président de l’AMS, « La plupart des maires qui ont été cité dans des litiges fonciers, ont obtenu la bénédiction des services techniques de l’État et des préfets et sous préfets donc, il y’a matière à sanctionner également ces représentants de l’État ».

Madina Wandifa, Ndingueler, Kayar, Niaguis, Cap Skirring, Mbane… pas convaincus par le discours du président. Ils demandent des actes forts notamment la fin de l’impunité et la traduction des maires responsables devant la justice 

De bonnes résolutions, selon un membre de la plate-forme « Doyna » qui regroupe plusieurs collectifs qui luttent contre la spoliation foncière. Pour Mbaye Cissé, « le président a déjà pris un Décret pour sonner la fin de la récréation. Mais, nous attendons que les maires impliqués soient traduits devant la justice et que les affectations irrégulières de terres fassent l’objet d’une rétrocession aux populations ».

« Nous sommes habitués aux joutes oratoires du président Macky Sall et ce ne sont pas ces quelques propos tenus devant ses partisans qui vont faire baisser notre garde. Au contraire, nous allons accentuer la pression pour que l’impunité cesse », a déclaré Daniel Sagna Pierre Sagna dont les terres familiales ont été saucissonné et vendus à Bignona en toute impunité.

Khadim Mbodj 

 

 

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