Guinée Bissau : Imbroglio total après l’Arrêt de la Cour Suprême

Malgré la « victoire » de Umaru Cissoko Embalo le candidat du G-15 Madem reconnue par la Commission de la Cedeao, le dernier Arrêt de la Cour Suprême continue de soulever moult interrogations. L’interprétation de la décision de l’institution judiciaire selon les camps, installe un profond tant à Bissau qu’au niveau de l’espace communautaire où des voix s’élèvent pour fustiger l’immixtion de la Cedeao dans le processus non encore abouti.

Les démons de la division refont surface en Guinée Bissau. Et cette fois-ci, ce n’est point du fait des Bissau guinéens mais plus des ingérence notées dans le processus pré et post électoral. La dernière en date est la reconnaissance de l’élection du candidat Umaru Cissoko Embalo au moment où la Cour Suprême a pris un Arrêt pour demander le recomptage des voix.

Mais, la confusion a pris une nouvelle tournure car la Cour Suprême qui avait publié un arrêt demandant “l’apurement” des résultats précise n’avoir pas ordonné un nouveau comptage des voix mais “ une vérification de tous les procès verbaux”. En attendant ladite vérification, rappelons que la Commission Nationale des Elections (CNE) avait déclaré Umaro Cissoco Embalo vainqueur au 2ème tour dès le 17 janvier puis confirmé cette proclamation le 21 janvier 2020 par des “résultats définitifs”.

Comme en Gambie en 2016,la Cedeao commet une ingérence dans les affaires intérieures d’un pays en s’opposant ouvertement au respect du processus électoral. Que cache la Cedeao en courcicuitant les pourvois du Paigc ?

Et de deux, la Cedeao après la Gambie où elle s’était opposée à la saisine de la Cour Suprême par l’ex Président Yaya Jammeh, récidive avec Bissau. Pourtant, aux yeux de la loi électorale de ce pays, seuls la Cour Suprême est habilitée à proclamer le vainqueur tout en recevant les plaintes de toutes les parties engagées dans le cadre d’une élection.

Mais bizarrement, alors que la Cour n’a pas encore vidé les contentieux, voilà qu’au niveau régional, la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est félicitée, dans un communiqué du 22 janvier 2020, de l’organisation pacifique du scrutin du premier tour, le 24 novembre 2019, et du deuxième tour, le 29 décembre 2019, dans des conditions jugées “justes, équitables et transparentes par la mission électorale de la CEDEAO et par l’ensemble des missions internationales qui les ont observés”.

Aussi, la Commission de la CEDEAO dit prendre acte de ce que “Monsieur Umaro Cissoco Embalo, candidat du Mouvement pour une alternance démocratique (MADEM-G15), a obtenu 53,55% des voix face au candidat du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), monsieur Domingoes Simon Pereira, qui a réuni 46,45% des suffrages”. La Commission de la CEDEAO adresse par conséquent ses félicitations à Umaro Cissoco Embalo.

Domingo Simoes Pereira et le Paigc déchirent le communiqué de la Cedeao et mettent en garde quant à la volonté de semer le trouble à Bissau

Pour le camp de Domingoes Simon Pereira (DSP), la CEDEAO outrepasse ses prérogatives en reconnaissant la victoire de Umaro Cissoco Embalo au mépris de l’arrêt de la Cour Suprême, plus haute institution de Souveraineté de Guinée Bissau. Du côté des partisans de Umaro Cissoco Embalo, la messe est dite. “Il convient désormais de regarder vers l’avenir. L’Etat bananière est finie. La Guinée Bissau ne sera plus une plaque tournante de la drogue”, a déclaré le président élu dans les plateaux de France 24. Reste à savoir si la cohabitation qui se précise entre le Madem et le PAIGC, c’est à dire entre les deux adversaires lors de ce second tour, sera constitutionnellement bien encadrée pour sortir ce petit pays d’Afrique de l’Ouest d’une instabilité chronique.

Cheikh Saadbou Diarra

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