Édito : Opportuniste Entrisme et exaspération générale

Édito
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L’entrisme (re)devient la nouvelle mode de la classe politique sénégalaise. L’entrisme politique a fait sa réapparition avec force dans la vie politique nationale avec l’entrée en 1991 de l’opposition dans le gouvernement socialiste . Ce faisant, cette pratique a précipité l’échec des partis traditionnels de gouvernement en révélant la fragilité de leur ligne idéologique partisane. Même s’il faut reconnaître que cela a permis au PDS et à ses soutiens de se faire une santé financière pour les échéances futures. Une affaire de partage du gâteau tout simplement.

Aujourd’hui encore, Idrissa Seck qui avait été l’un des bénéficiaires de l’entrisme sous Abdou Diouf, fait renaître ce qui n’est pas loin de la transhumance politique et ce, pour faire face à des difficultés financières, dit-on.

En fait, Mara, il faut Concilier l’inconciliable : la protection de son avenir et la préservation de son train de vie. Beaucoup de politiciens y sont contraints tant que persistera ce enrichissement sans cause pour les bénéficiaires de strapontins politiques. Et personne n’a trouvé la bonne solution, en dehors de pays nordiques où la Patrie prime sur le
parti et où la discipline collective prime sur la liberté individuelle – et où, pour certains, la démocratie n’est qu’une idée exotique, une affaire d’humeur.

Si rien ne change, et que les politiciens du pouvoir comme de l’opposition continuent de considérer la politique comme l’ascenseur social qui permet d’être meilleur que les Gorgolous, l’entrisme risque bien de définir la politique sénégalaise pendant les années à venir. Même si Trotsky à une époque l’avait défini comme une technique révolutionnaire qui consiste à entrer dans une organisation avec pour ambition d’en prendre le pouvoir ou sinon d’en changer le projet, voire la mission.

  • L’entrisme, ou : « Comment sortir de l’opposition ? », une technique pour politiciens finissants 

Concrètement, une ou plusieurs personnes se concertent de manière plus ou moins secrète pour phagocyter de l’intérieur une organisation visée. Cette technique a été définie par Trotsky en 1934, en particulier.

Rien de nouveau, donc pourquoi en parler ? Parce que l’entrisme en politique est passé au niveau 2.0 et, surtout, il est pratiqué aussi bien par des infiltrés volontaires que par des militants qui « croient bien faire ». Mais pour la plupart, il y a surtout les déçus, ceux qui voulaient se faire une place dans l’opposition, pas forcément grande car ils pensent que la politique est une sorte de plan de carrière. pas besoin de faire de l’entrisme, ils sont déjà dedans. Mais l’action est la même. La déception entraîne l’opposition systématique, la paranoïa aigue démarre et tout est bon pour cracher sur le parti, la direction, le conseil national ou même le copain qui, bénévolement, s’occupe de photocopier les communiqués.

Pour les « jamais gagnants » et autres nains politiques, il est utile de créer un « machin » supplémentaire pour rapprocher les deux mondes (Opposition et pouvoir). Et que gagne le citoyen électeur dans ces deals sordides ?

Peut-être appartient-il également à chacun d’entre nous de faire preuve d’appartenance nationale… Les politiciens partisans du moindre effort, ne sont plus menacés de chômage ; contrairement aux chefs d’entreprise qui ont aussi des emplois fragiles. L’entrisme nous tape tous sur les nerfs. Ne pas se laisser aller à l’exaspération générale doit nous permettre, un peu, de supporter l’insupportable.

Pape Sané 

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