Accident de Badiouré : Le Préfet interdit la marche de la Plate-forme créée pour le relèvement du plateau médical

La gestion cahoteuse des blessés lors de l’accident mortel de Badiouré, à remis sur la table l’épineux dossier du plateau médical indexé comme étant l’une des causes de décès et déficit de prise en charge des blessés. Les organisations de la société civile, les syndicats et autres associations du département, avaient décidé d’organiser une marche pour alerter l’Etat. Mais, le Préfet ne l’entend pas de cette oreille et interdit la manifestation.

Au moment où les différentes organisations de jeunes, femmes, de la Société Civile et des syndicats de santé, ont décidé de mettre sur pied une plate-forme en vue de réclamer le relèvement du plateau médical du département, l’Etat a depuis plus de trois ans, installé un bloc opératoire flambant neuf d’une valeur de près de deux milliards mais qui, hélas, attend le personnel adéquat pour fonctionner. Un véritable gâchis quand on sait que ce matériel commence à subir une sérieuse détérioration.

Dimanche dernier, le CDJ, le CCJ, l’Odcav, les ASC, l’AMEB et la section local du Forum Civil, ont mis en place une plate-forme pour exiger des autorités plus d’attention au point de vue sanitaire. Car, pour ces organisations, si le nombre de morts de l’accident continue de monter en flèche, cela est dû simplement à la mauvaise prise en charge médicale qui est conséquent au plateau local dépourvu de spécialistes et d’un bloc opératoire.

Un bloc opératoire construit à hauteur de deux milliards depuis trois ans, non fonctionnel pour manque de personnel spécialisé. Le matériel commence à s’oxyder du fait du long entreposage

Pourtant, depuis fin 2015, l’Etat par le truchement du ministère de la Santé, a investi dans le secteur. C’est ainsi qu’il a été réalisé un bloc de dernière génération composé de 02 salles de pré-travail, 02 salles de travail, d’une salle d’examen et d’une salle d’opération du bloc chirurgical. Ces travaux ainsi que le matériel ont couté près de deux milliards. Incongruité, depuis l’installation dudit matériel, le bloc tarde à fonctionner pour cause de manque de personnel spécialisé.

Entre autres, ce matériel de haut niveau, est composé d’une table d’opération Easymax, d’un groupe électrogène, du matériel de Réanimation, d’un Bloc d’oxygène, d’un aspirateur chirurgical, d’un éclairage opératoire, d’un neuro generator, d’un bras anesthésiste ainsi que plusieurs valises contenant des instruments pour bloc.

L’accident survenu samedi dernier à la sortie de Bignona, a remis sur le tapis l’épineuse question du relèvement du plateau médical du département. En effet, Bignona qui polarise à lui seul près de deux tiers de la région de Ziguinchor englobe entre 58 et 70% de la population régionale, est dépourvu d’un plateau médical digne de ce nom.

Bignona qui polarise 70% de la population de la région de Ziguinchor, fonctionne avec un centre de santé. Les populations exigent un hôpital de niveau 2

A l’opposé de la capitale régionale Ziguinchor, qui compte à elle seule trois hôpitaux de niveau, Bignona végète toujours avec un plateau digne d’un centre de santé et, est obligé de faire face à la demande des populations venues de la Gambie frontalière, du département de Sédhiou et des autochtones.

Pour preuve, le taux de mortalité pré et post natal de la région, est plus du au fait que les évacuées du département de Bignona effectuent plus de 100 kilomètres avant d’arriver à Ziguinchor.
Les cas de blessés font légion et le plus récent reste celui de cette dame qui avait tenté de s’immoler par le feu et qui a rendu l’âme à Kolda après avoir parcouru près de 300 kilomètres entre le centre de santé de Diouloulou, l’hôpital régional de Ziguinchor et celui de Kolda.

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