mardi, 18 août 2026 09:55

Election Présidentielle : la déclaration de patrimoine bientôt érigée en condition de recevabilité des candidatures

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Sénégal 
Atlanticactu/ Dakar/ Cheikh Saadbou Diarra 
À l’Assemblée nationale, ce lundi 17 août 2026, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a défendu la révision de l’article 37 de la Constitution en mettant en avant un nouveau principe : la déclaration de patrimoine pourrait devenir une pièce obligatoire du dossier de candidature à l’élection présidentielle. Son absence entraînerait l’irrecevabilité de la candidature.
On assiste à un véritable concours de probité entre le Président Diomaye et le Président de l’Assemblée nationale en matière de transparence et de bonne gouvernance.
Tout au moins, le chef de l’État n’a pas accepté d’être livré à la vindicte populaire en ce qui concerne notamment la déclaration de patrimoine à l’entrée et à la sortie de fonction. Mieux, il a voulu pousser le bouchon plus loin en faisant en sorte que la réforme de l’article 37 de la Constitution prenne une dimension électorale majeure.
Au-delà de la publicité de la déclaration de patrimoine à l’entrée et à la sortie de fonction des principales autorités de l’État — le Président de la République, le Président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre —, le Gouvernement veut désormais inscrire cette exigence au cœur du processus de candidature à l’élection présidentielle. La déclaration de patrimoine deviendrait ainsi une pièce constitutive du dossier de candidature, dont l’absence pourrait entraîner l’irrecevabilité.
Dans son intervention devant les députés, le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr a indiqué que le président de la République souhaite qu’une réforme de la Constitution et du Code électoral impose à tout candidat à l’élection présidentielle de joindre une déclaration de patrimoine à son dossier de candidature.
La mesure envisagée est particulièrement contraignante : l’absence de cette déclaration entraînerait l’irrecevabilité du dossier.
L’objectif affiché est de faire de la transparence patrimoniale une exigence qui ne commence plus uniquement au moment de l’entrée en fonction du président élu. La déclaration de patrimoine interviendrait désormais dès le dépôt de la candidature, avant même la tenue du scrutin. Elle serait rendue publique et permettrait ainsi aux citoyens de connaître la situation patrimoniale des prétendants à la magistrature suprême.
Selon le ministre, cette déclaration pourrait ensuite servir de déclaration d’entrée en fonction pour le candidat finalement élu. Le dispositif permettrait ainsi d’établir une continuité entre la candidature, l’entrée en fonction et la cessation des fonctions.
L’enjeu est donc double : assurer la transparence des candidats avant l’élection et éviter, après le scrutin, la multiplication de régimes déclaratifs.
Cette évolution ferait de la transparence patrimoniale non seulement une obligation de gouvernance, mais également une condition préalable d’accès à la compétition présidentielle.
Pour toutes ces raisons, le Président de la République a décidé que cette proposition sera intégrée dans une réforme constitutionnelle plus globale, qui sera soumise, conformément à l’article 103 de la Constitution, à l’approbation du peuple sénégalais par voie référendaire.
En attendant la constellation populaire, les députés ont adopté hier à la majorité la proposition de loi n°33/2026 portant modification de l’article 37 de la Constitution relative à la déclaration de patrimoine à l’entrée et à la cessation des fonctions du président de la République. L’initiative parlementaire portée par le député Amadou Ba nº2 du groupe parlementaire Pastef-Les patriotes a eu l’approbation de 133 députés et deux votes contre.
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