Trafic de bois : La Casamance saignée et pillée par le voisin gambien

Depuis plusieurs années , le nom de l’ex président de la Gambie était lié au trafic de bois en Casamance. À tort ou à raison, la déforestation de la région méridionale du Sénégal avait comme coupable désigné Yaya Jammeh. Mais bizarrement, depuis sa chute il y a plus de trois ans, le trafic de bois a atteint son paroxysme. Et BBC vient de publier un reportage sur cette activité qui a généré pour la Gambie quelques 300 millions de dollars ces trois dernières années. Politique de voisinage oblige, toute la république se cache derrière son petit doigt pour ne pas frustrer le Président Adama Barrow.

Ces forêts qui pour la plupart ont été implantées par l’administration coloniale au début des années 1930 , sont en train de mourir de leur belle mort. L’état du Sénégal qui a hérité de ces richesses naturelles n’a pas tardé à en faire un fond de commerce à partir de 1980 en autorisant l’ouverture de plusieurs scieries. En toute inconscience, on venait ainsi de sonner le glas des forêts de la Casamance, verdoyante région.

L’appétit venant en mangeant, d’autres groupes se sont engouffrés dans la brèche. Ainsi, pour son effort de guerre, le MFDC se tournera vers ces forêts. Une occasion pour des pays comme la Gambie et la Guinée Bissau d’ouvrir des « comptoirs » financés par des chinois et des indiens pour acheter la diversité du bois en provenance de la Casamance. Tek, Vene, Sapin, bois de rose, etc subiront la loi des haches .

La Gambie sans forêts depuis 30 ans devient l’un des plus grands exportateurs de bois en Afrique. Le gouvernement sénégalais ferme les yeux au nom de la politique de bon voisinage

Une enquête de la BBC Afrique publiée ce lundi montre comment le bois de rose, abattu en Casamance, au sud du Sénégal, est ensuite acheminé en Gambie où il est exporté en Chine. Ces six dernières années, on estime que 10 000 hectares de forêts ont été abattus alors que des mesures de protection, au niveau national et international, sont en place.

En Casamance, un million d’arbres ont été abattu illégalement, soit un tiers des forêts de la région, selon l’Institut d’Etudes de Sécurité de Dakar. La situation s’est aggravée depuis une dizaine d’années, notamment à cause de l’augmentation de la demande de bois de rose en Chine, où il est très prisé pour la fabrication de meubles de luxe.

Pourtant plusieurs accords sont signés entre le Sénégal et la Gambie dans ce domaine.Une convention loin d’être respectée et le départ de Yaya Jammeh a accentué et aggravé le trafic.les nouvelles autorités de Banjul sont pourtant impliquées dans ce trafic

Le bois est transporté de la région de Casamance vers la Gambie voisine pour ensuite être exporté en Asie. Résultat: la Gambie est le deuxième exportateur africain de bois de rose vers la Chine alors que ses forêts sont presque entièrement décimées. La valeur de ces exportations est estimée à près de 300 millions de dollars au cours de ces six dernières années.

Des accords internationaux sont pourtant censés protéger le bois de rose. Le Sénégal et la Gambie sont tous les deux signataires de la convention sur le commerce international des espèces de faunes et flores menacées d’extinction. Une convention qui doit soumettre les pays à une réglementation très stricte sur les exportations. Mais qui, selon de nombreuses ONG, est loin d’être respectée.

La Rédaction

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici