Sedhiou : Mort de 3 personnes, les jeunes accusent la gendarmerie et exigent une enquête

La journée du dimanche 13 septembre, a été très mouvementée à Sakar, sur l’axe Sitaba/Kolda. Les jeunes de ce terroir du Pakao y ont déversé leur courroux pour exiger de la lumière sur les circonstances de la mort par accident de trois jeunes de Pakao Dassilamé. Les manifestants accusent les gendarmes de la brigade de Sédhiou d’être à l’origine de ce drame et menacent de porter plainte. Les mis en cause nient toute allégation faisant état de leur implication dans un quelconque piège qui aurait provoqué l’accident. L’affaire est en instruction au parquet de Sédhiou.

C’est une foule nombreuse composée de plusieurs couches de la population qui s’est agglutinée à Sakar hier, dimanche, avant de manifester leur colère mêlée de déception dans la rue. Pneus et troncs d’arbres calcinés sur la chaussée, brassards rouges et circulation paralysée, rien n’a été laissé au hasard pour se faire entendre. Les manifestants disent déplorer les conditions dans lesquelles les trois jeunes garçons sont morts, le 19 août dernier, a bord du guidon de leur moto Jakarta.

Ici, beaucoup continuent à croire que les victimes étaient prises au piège des gendarmes qui auraient attaché une corde cette nuit-là sur la chaussée pendant un contrôle routier, non loin du carrefour de Pakao Soumboundou.

L’un des porte-parole du jour, El Hadji Badio, a déclaré ce qui suit face à la presse, à la fin de la marche : «nous avons perdu trois de nos camarades jeunes dans un accident de la circulation. Depuis, nous n’avons pas cessé de réclamer le procès-verbal (PV) pour savoir les circonstances de leur mort, sans succès. La brigade de gendarmerie de Sédhiou, par la voix du commandant Sy, a affirmé que nous ne pouvons pas avoir le PV tant que nous n’avons pas engagé un avocat», a martelé El Hadji Badio, en charge de la communication de ce collectif.

Et Almamo Camara, un autre porte-parole du collectif, de poursuivre sur un ton plus feutré : «aujourd’hui, tout le Pakao est mobilisé, de Salikégné à Karcia, en passant par Sakar, Soumboundou et Diana Malary. Nous réclamons justice et nous sommes prêts à mourir dans le sang pour que justice soit faite».

Ils menacent de porter plainte. «Nous sommes prêts, pour porter plainte contre la Gendarmerie de Sédhiou parce que c’est eux qui sont responsables. Ils ont tué nos frères et les ont transportés dans le silence à la morgue de Sédhiou. Le lendemain matin, ils sont venus nous dire que les gosses ont heurté un camion et on n’a pas vu le camion ni son chauffeur».

«Aucune autorite n’est venue nous consoler»

Les manifestants menacent de se faire entendre aussi longtemps qu’ils ne seront pas en possession du procès-verbal. «Nous n’abandonnerons pas le combat tant qu’on n’a pas vu le soleil de la justice se lever sur l’accident survenu au croisement de Soumboundou. On est prêt à rejoindre nos frères dans le sang. Nous attirons l’attention du gouverneur de la région de Sédhiou, du préfet, du sous-préfet et de nos maires car jusqu’ici nous n’avons vu personne d’entre eux venir nous consoler et nous dire la vérité ».

Quant à la Gendarmerie de Sédhiou, elle nie en bloc les allégations des manifestants, arguant n’avoir jamais dressé une corde sur la chaussée. Le dossier est sur le bureau du Procureur de Sédhiou et suit son instruction a-t-on appris de sources sûres.
Sud Quotidien

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