Marche contre la hausse des prix de l’électricité : «Attroupement», «troubles à l’ordre public», «participation à une manifestation non autorisée», c’est ce qui est reproché à Guy Marius Sagna et Cie

Après « la bravade » contre la décision du Préfet de Dakar de marcher dans le Centre ville, Guy Marius Sagna et Cie avec la constitution en bandoulière devraient être déférés au parquet pour les motifs suivants : «Attroupement», «troubles à l’ordre public», «participation à une manifestation non autorisée». Les opinions des uns et des autres démontrent que le sort des jeunes interpellés, est une réalité nationale.

Et le premier à tirer sur le gouvernement n’est personne d’autre que le député Ousmane Sonko. Le leader de Pastef déclare sans ambages, « Manifester devant les grilles d’un palais de la République, au XXIe siècle, ne doit pas être un motif pour retenir les gens aussi longtemps. C’est un pouvoir complètement affolé, qui perd son sang-froid pour un oui ou pour un non. Je crois que nous avons un pouvoir en délitement, complètement perdu et qui s’acharne sur un groupuscule de cinq jeunes qui, de manière désarmée, sont allés manifester devant les grilles du palais. C’est symptomatique, en tout cas, du manque de sérénité de ce pouvoir. »

Pour les députés membres de l’opposition ou non inscrits, Guy Marius Sagna et Cie n’ont pas leur place en prison. Ce que n’entendent pas leurs collègues de la majorité

Ayant été victimes du refus de manifester érigé en règle par le pouvoir de Macky Sall, les députés membres de l’opposition ou des non inscrits tirent à boulets rouges sur le pouvoir qui ne doit accepter les inconvénients du pouvoir d’autant qu’il abuse des avantages inhérents à l’exercice. Ce qui fera dire à Mamadou Diop Decroix, qui déplore les mesures de garde à vue avant de dire, « Il aurait fallu déjà ne pas les arrêter. Il faut les laisser rentrer chez eux. Il faut qu’on ramène une situation politique apaisée au Sénégal. »

Ce que ne comptent pas avaliser les députés de la coalition BBY, majoritaire à l’assemblée nationale. Certains de ces députés pointent du doigt les forces de l’ordre qui « auraient regardé ailleurs» au point qu’une bande de jeune défie la plus haute institution du pays. Pour l’un d’entre eux, ce qui s’est passé vendredi dernier est l’inadéquation des missions de la police et de la gendarmerie en zone urbaine d’où, « les failles qui ont permis aux manifestants de marcher jusqu’au palais. Certains réclament des sanctions exemplaires contre les militants.»

Me Moussa SARR, avocat de Guy Marius Sagna et Cie convoque le droit et absout ses clients de toute poursuite

Pour la robe noire connue pour sa présence à côté des couches défavorisées, c’est un regret total affiché après l’arrestation des manifestants pour trouble à l’ordre public. Selon Me Moussa SARR, « Cette arrestation est une violation des droits à la manifestation qui est un droit constitutionnel.»

Pour l’avocat, ses clients n’ont pas commis de trouble à l’ordre public. « L’État doit prendre toutes ses dispositions pour que ce droit soit effectif. Personne parmi les huit n’a violé les lois. Lorsqu’un droit de manifester qui est une expression démocratique et garantie est exercé, l’État du Sénégal ne manque pas de moyens pour assurer la sécurité des marcheurs, des biens et des personnes»
, assène-t-il.

Khadim Mbodj

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