Guinée Bissau : La Cour Suprême annule les résultats et donne raison à Atlanticactu.com

La Cedeao ou du moins les chefs d’état sont-ils réfractaires à la démocratie ? Tout porte à le croire car en l’espace de trois l’organisation sous régionale est en passe de piétiner les institutions juridiques de pays souverains et imposer un diktat comme d’où l’ancienne URSS. Après avoir refusé en 2017 à Yaya Jammeh de se pourvoir devant la Cour Suprême de Gambie, aujourd’hui , cette même Cedeao a voulu imposer son agenda à la haute juridiction Bissau guinéenne au risque d’embraser le pays.

« La démocratie est un luxe pour l’Afrique », dixit Chirac. La Cedeao confirme l’ancien président mais, la Cour Suprême bissau guinéenne administre une leçon d’indépendance à la kyrielle de chefs d’état qui avaient déjà comme en Gambie décidé à la place du peuple.

C’est le 2 janvier 2020 que les résultats provisoires du 2e tour de la présidentielle du 29 décembre 2019 ont été rendus publics en Guinée Bissau.
Aussitôt proclamés, Domingo Simoes Pereira arrivé en tête du 1er tour avec plus de 40% a contesté les résultats en déposant un recours pour le comptage des voix, une seconde fois.

Comme en Gambie en 2017, la Cedeao tient à entériner les résultats de la Commission électorale et non ceux de la Cour Suprême. L’épreuve de force débute

À la suite du recours introduit, la Cour suprême autorisa la Commission nationale électorale à reprendre le travail fastidieux de comptage des voix. Cette dernière, sortant de ses prérogatives, tenait à proclamer les résultats provisoires et le président élu en procédant au recomptage des voix « validées » et non aux procès verbaux comme l’avait demandé la Cour Suprême à travers son Arrêt.

Paulo Sanhà et ses collègues de la Haute Juridiction qui tenaient à leur indépendance ont renvoyé à nouveau la commission électorale à son rôle. Les menaces de la Cedeao n’y feront rien et les Experts de L’UA reçus par la Cour Suprême, comprendront rapidement le subterfuge en annulant l’invitation officielle lancée à Umaru Cissoko Embalo à participer au dernier sommet de l’organisation.

Pour éviter le coup de Jarnac qui se profilait, la Cour suprême a invalidé les résultats de l’élection présidentielle et demandé un recomptage des voix bureau par bureau.

Sur sa page Facebook, le candidat Domingos Simoes Pereira a posté le document pour jubiler en ces termes: « Croire en la justice est le seul chemin sûr vers la construction d’une patrie vraiment démocratique. C ‘ est pourquoi le paigc célèbre avec le peuple guinéen cette courageuse et louable décision du Stj. Fais-toi plaisir ! Paigc – Ia force du peuple ».

Aujourd’hui, la CEDEAO qui a donné un ultimatum à la Cour Suprême, seule habilitée à proclamer la victoire d’un candidat, se doit de respecter la décision prise par Paulo Sanhà et ses collègues magistrats et éviter tout forcing qui fragiliserait les acquis obtenus depuis une dizaine d’années en Guinée Bissau.

Les va-t-en guerre qui sont nombreux à avoir donné de la voix dès le début pour une intervention militaire de la Cedeao afin d’installer le Président proclamé par la commission électorale, devraient se rendre à l’évidence que la Gambie n’est pas la Guinée Bissau. Ce pays a une histoire et malgré la situation qui y prévaut depuis des années, ses institutions ont toujours fonctionné normalement.

Cheikh Saadbou Diarra

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