Guinée-Bissau
Atlanticactu/ Fernando Dias Costa/ Serigne Ndong
Le président du Parti du renouveau social (PRS), Fernando Dias da Costa, a vivement mis en cause le Haut Commandement militaire de Guinée-Bissau, qu’il considère comme responsable du coup d’État du 26 novembre 2025 ainsi que de la détention de l’opposant Domingos Simões Pereira. Il dénonce une justice militaire qu’il juge « illégale » et reproche à la CEDEAO son silence face à une crise politique qu’il estime dangereuse pour l’avenir du pays.
Dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook officielle, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de novembre 2025 a affirmé que le Haut Commandement militaire avait « perpétré le coup d’État » ayant conduit à l’annulation des élections générales. Selon lui, les responsables militaires pourraient un jour répondre de leurs actes devant la justice. Il a également dénoncé la convocation de Domingos Simões Pereira (DSP), président du PAIGC, devant le Tribunal militaire supérieur de Bissau le 10 juillet, estimant que « le processus de Domingos est politiquement motivé » et qu’il vise à écarter un adversaire politique en recourant à la justice militaire.
Fernando Dias da Costa est aussi revenu sur une affaire dans laquelle un individu aurait tenté d’obtenir de l’argent de Domingos Simões Pereira en prétextant un prétendu financement d’un putsch. « Domingos a découvert la fraude et a refusé de remettre la moindre somme », a-t-il affirmé, rejetant les accusations selon lesquelles 300 millions de francs CFA auraient été mobilisés pour préparer un coup d’État en octobre 2025. Il a appelé les juristes à « agir avec rigueur » et exhorté les militaires à ne pas se laisser entraîner dans des considérations politiques : « L’armée doit tenir les hommes politiques à l’écart des casernes et ne pas permettre qu’ils soient instrumentalisés. »
Le chef du PRS s’en est également pris à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), reprochant à l’organisation de ne s’être entretenue qu’avec les autorités en place lors de sa récente mission à Bissau. À ses yeux, cette démarche a conduit à une mauvaise appréciation de la crise et affaibli le processus constitutionnel. « La communauté internationale suit de près la situation et reste muette. Nous avons été particulièrement déçus par la CEDEAO », a-t-il déclaré, accusant l’organisation régionale de les « entraîne sur une voie inconnue ».
Fernando Dias da Costa a par ailleurs souligné que l’éviction des opposants n’avait jamais permis de résoudre les crises en Guinée-Bissau, évoquant notamment les précédents de Nino Vieira et Kumba Yalá. Selon lui, le dialogue, le respect des lois et l’expression du suffrage populaire constituent les seules voies capables de sortir le pays de l’impasse. « La loi n’est pas respectée, ce qui remet en question la crédibilité du pouvoir judiciaire et pourrait avoir des conséquences pour l’avenir du pays », a-t-il averti.
En conclusion, le leader du PRS a lancé un appel à l’unité nationale. « Nous sommes tous enfants de Guinée. Toute solution adoptée sans tenir compte de notre position sera inefficace. » Il a plaidé pour une résolution de la crise fondée sur le dialogue national et la préservation du système politique, plutôt que sur une réponse militaire.
