vendredi, 30 octobre 2026 11:34

FMI, dette et déficit budgétaire : Abdourahmane Sarr défend la marge de manœuvre financière du Sénégal

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Atlanticactu/ Abdourahmane Sarr/ FMI/ Déficit budgétaire/ Dette publique/ Serigne Ndong

Abdourahmane Sarr, économiste et ancien ministre sénégalais de l’Économie, du Plan et de la Coopération (avril 2024 – mai 2026), estime que le Sénégal «ne doit pas être géré dans le juridisme quand le peuple souverain peut arbitrer». Sa déclaration intervient dans un contexte de tensions entre l’exécutif et la majorité parlementaire autour du projet de Loi de finances rectificative (LFR).

Face à cette situation de blocage, il préconise notamment de «dissoudre l’Assemblée nationale le 2 décembre pour que le peuple puisse arbitrer cette impasse si le Sénégal veut un programme avec le FMI».

PressAfrik vous propose, dans son intégralité, le texte qu’il a publié sur sa page Facebook.

Le FMI avait donné son accord à la LFR 2026, déposée à l’Assemblée nationale, ainsi qu’à son complément, la Loi de finances initiale (LFI) 2027. Selon la directrice de la communication de l’institution, ces deux textes poursuivent trois objectifs majeurs : garantir la soutenabilité budgétaire, protéger les couches sociales vulnérables et préserver les dépenses prioritaires conformément aux orientations du Sénégal. Une telle démarche implique notamment une période d’ajustement budgétaire dans le cadre du programme.

Toutefois, l’adoption d’une LFR 2026 fondée sur des prévisions de réalisation réalistes permettrait d’aboutir à un déficit budgétaire nettement inférieur à celui initialement retenu dans l’accord conclu avec l’exécutif. Par ailleurs, après le rebasage, le déficit budgétaire de 2027 pourrait aisément être ramené à 3 % du PIB. Le financement de l’exercice 2026 pourrait même être entièrement assuré sans les décaissements du FMI.

Il en ressort que le compromis auquel pourraient parvenir l’exécutif et le pouvoir législatif serait susceptible de produire des résultats plus favorables en matière de consolidation budgétaire que les engagements initialement convenus.

Au-delà des dispositions budgétaires, cet accord devrait également se traduire par un engagement commun de l’exécutif et de la majorité parlementaire afin de permettre l’approbation du programme du Sénégal par le conseil d’administration du FMI, compte tenu de la configuration politique actuelle du pays.

À défaut d’un tel consensus, Abdourahmane Sarr estime qu’une dissolution de l’Assemblée nationale s’imposerait le 2 décembre, afin de permettre au peuple de trancher cette situation de blocage. Selon lui, «Le Sénégal ne doit pas être géré dans le juridisme quand le peuple souverain peut arbitrer lui même».

L’ancien ministre rappelle par ailleurs qu’un programme avec le FMI demeure souhaitable, tout en réaffirmant les positions qu’il défend depuis 2024. Il avance trois arguments : premièrement, la dette du Sénégal reste viable ; deuxièmement, le pays dispose de la capacité de refinancer sa dette sans recourir à une restructuration ; enfin, les ressources mobilisées dans le cadre du PRES ont contribué à renforcer la résilience économique du pays.

À ce titre, il souligne que le PRES a apporté une contribution de 300 milliards de francs CFA sur les 955 milliards de recettes budgétaires collectées entre 2025 et 2026. Ces ressources ont également permis d’absorber un choc important lié à des subventions évaluées à près de 600 milliards de francs CFA.

Pour Abdourahmane Sarr, l’année 2027 devrait désormais être consacrée à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND), dans un contexte marqué par l’assainissement des finances publiques.

Il conclut sur une note optimiste : «Nous sommes déjà au rez-de-chaussée.»

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