lundi, 2 novembre 2026 11:03

PRES : des recettes en chute libre et des réformes à revoir

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Atlanticactu/ Redressement économique/ Finances publiques/ Recettes fiscales/ PRES/ Serigne Ndong

Le rapport de la Commission des finances et du contrôle budgétaire, cité par Les Échos, met en évidence les importantes insuffisances du Plan de redressement économique et social (PRES), lancé en août 2025 par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Alors qu’il avait pour ambition d’augmenter les recettes de l’État, ce dispositif peine aujourd’hui à atteindre les objectifs qui lui étaient assignés.

Les données présentées dans le document témoignent d’un écart considérable entre les prévisions et les résultats obtenus. Certaines mesures auraient même produit l’effet inverse de celui recherché, en contribuant à diminuer les ressources attendues par les pouvoirs publics. Sur les 762,9 milliards de francs CFA initialement escomptés, seuls 174 milliards avaient été mobilisés au moment de l’évaluation. Les projections pour la fin de l’année ne sont guère plus encourageantes, puisque les recettes devraient plafonner à 311 milliards. Il en résulterait un manque à gagner de plus de 450 milliards de francs CFA. Ces résultats confortent les inquiétudes formulées par plusieurs parlementaires lors de l’examen de la loi de finances initiale 2026, des réserves que le ministre des Finances a lui-même qualifiées de « fondées ».

Les difficultés concernent également plusieurs mesures censées constituer des leviers importants de financement. La régularisation foncière, dont les retombées étaient estimées à 100 milliards de francs CFA, ne devrait finalement produire ses effets qu’en 2027-2028. Sa mise en œuvre se heurte notamment à des obstacles juridiques ainsi qu’à « son caractère volontaire ».

De son côté, la renégociation des concessions dans le secteur des télécommunications, qui devait permettre de dégager 50 milliards de francs CFA, n’a toujours pas abouti. Les recettes attendues restent donc incertaines, les discussions étant encore « tributaires de négociations non achevées ».

La situation de la LONASE illustre également les conséquences négatives de certaines dispositions du plan. Ses recettes mensuelles, qui avoisinaient les 15 milliards de francs CFA en début d’année, ont considérablement diminué pour atteindre « moins de 4 à 5 milliards ». La pression fiscale mise en place pour accroître les recettes publiques aurait ainsi favorisé le « déplacement d’une partie des joueurs vers des plateformes illégales ou vers d’autres pays de la sous-région ».

Devant ces résultats décevants, l’exécutif semble désormais engagé dans une réorientation de certaines mesures du PRES. Dans le secteur des transferts d’argent, le mécanisme de taxation des transactions individuelles devrait être remplacé par « une taxation progressive du chiffre d’affaires des opérateurs ». Cette nouvelle approche est jugée plus adaptée pour « faciliter le contrôle et préserver l’inclusion financière ».

Par ailleurs, le gouvernement étudie la possibilité de supprimer les droits de timbre de 1 % appliqués aux paiements en espèces d’un montant inférieur à 100 000 FCFA. Ces différentes pistes de réaménagement ont déjà fait l’objet d’échanges avec les opérateurs concernés, lesquels « n’ont pas soulevé d’objection particulière ».

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