mercredi, 2 septembre 2026 11:29

Dette publique : Cheikh Diba dévoile le Plan de traitement de la dette du Sénégal

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Sénégal

Atlanticactu/ Dette publique/ FMI/ Cheikh Diba/ Finances publiques/ Serigne Ndong

Face à l’alourdissement de la dette publique, le gouvernement sénégalais entend mettre en place un Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). L’objectif est de rétablir progressivement la soutenabilité des finances publiques, d’alléger le poids du service de la dette sur le budget de l’État et de préserver les capacités du pays à financer ses priorités de développement.

S’exprimant lors d’un point de presse organisé ce mardi 1er septembre 2026, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a précisé que le traitement de la dette ne représente pas une finalité en lui-même.

« Le traitement de la dette n’est donc pas une fin en soi. Il constitue un moyen de réduire progressivement la pression exercée sur le budget, de restaurer les marges de manœuvre de l’État et de préserver notre capacité à financer les priorités nationales », a-t-il déclaré.

Un dispositif pour éviter « l’impasse »

Le ministre a expliqué que le PTDS a été élaboré pour apporter une réponse à la situation d’endettement public du Sénégal et éviter une aggravation des difficultés financières.

« C’est précisément pour apporter une réponse durable à cet endettement public élevé et éviter l’impasse que le gouvernement a constitué le Plan de traitement de la dette du Sénégal, le PTDS », a souligné Cheikh Diba.

Pour le gouvernement, ce plan constitue un élément central de la nouvelle orientation économique et financière du pays.

« Le Plan de traitement de la dette du Sénégal constitue une composante centrale du paquet de mesures qui accompagnent la nouvelle trajectoire économique et financière du Sénégal. Il est impulsé et piloté par notre gouvernement afin d’améliorer durablement le profil de notre dette et de restaurer notre capacité à financer le développement », a-t-il indiqué.

Le PTDS ne se limite toutefois pas à la réduction de la dette. Il doit également contribuer à desserrer les contraintes financières qui affectent l’économie sénégalaise.

« Le PTDS est construit comme un paquet de solutions pour desserrer les contraintes de liquidité de l’État, mobiliser les partenaires du Sénégal, relancer l’offre de capitaux dans le pays, promouvoir l’investissement direct étranger et assurer la reprise des financements des partenaires », a expliqué le ministre.

Réduire la dette et régler les impayés de l’État

À travers le PTDS, les autorités veulent également diminuer l’encours de la dette publique et les charges financières qui en découlent.

Le dispositif prévoit par ailleurs l’accélération du règlement des sommes dues par l’État à ses fournisseurs. Une mesure qui devrait permettre de remettre des liquidités dans le circuit économique et d’améliorer la trésorerie des entreprises concernées.

« Cela répondra aux préoccupations des entreprises qui génèrent des emplois et rémunèrent les Sénégalais », a affirmé Cheikh Diba.

La reprise des investissements publics structurants figure aussi parmi les principales ambitions du plan. Le gouvernement espère ainsi créer les conditions d’une amélioration durable de la situation économique.

Selon Cheikh Diba, le PTDS doit permettre d’engager « une dynamique vertueuse et porteuse d’espoir », reposant sur « une dette plus soutenable, des finances publiques plus robustes, davantage de ressources consacrées à l’économie et une capacité d’investissement renforcée ».

Le ministre a par ailleurs assuré que l’exécution du plan se fera de manière concertée avec les différents partenaires du Sénégal.

« La mise en œuvre du PTDS sera ordonnée, responsable et transparente, dans le respect du cadre institutionnel de notre pays et en concertation avec nos partenaires », a-t-il assuré.

Le ministère prévoit également de tenir régulièrement informée l’opinion publique sur l’état d’avancement du processus.

Une première rencontre d’information est annoncée dans les prochaines semaines. Elle permettra de présenter « les principaux éléments du cadre macroéconomique, les grandes orientations stratégiques et le calendrier de mise en œuvre du Plan de traitement de la dette du Sénégal ».

Le gouvernement veut aussi relancer l’investissement privé

En parallèle du traitement de la dette, l’exécutif entend poursuivre les réformes destinées à améliorer le climat des affaires et à favoriser la reprise de l’investissement privé.

Parmi les mesures annoncées figure la poursuite de l’application du Code des investissements, entré en vigueur en février 2026, ainsi que la révision de la législation relative aux partenariats public-privé.

« Les réformes du Code général des impôts et du Code des douanes seront parachevées afin de mieux soutenir le secteur privé », a également indiqué Cheikh Diba.

Ces réformes devraient notamment viser l’amélioration de la compétitivité des facteurs de production et le développement de secteurs à plus forte valeur ajoutée. Le gouvernement souhaite également faciliter l’accès au foncier et au financement, notamment pour les petites et moyennes entreprises, renforcer le refinancement de la microfinance et accélérer la transformation numérique de l’économie.

« Ces mesures doivent favoriser la reprise de l’investissement, soutenir le développement des entreprises et renforcer la création d’emplois », a souligné le ministre.

Pour Cheikh Diba, l’efficacité de cette nouvelle trajectoire économique ne pourra toutefois pas être jugée uniquement à l’aune des indicateurs financiers et budgétaires.

« L’accord technique et les réformes qui l’accompagnent ne sauraient être appréciés uniquement à travers des indicateurs budgétaires ou financiers. Leur réussite se mesurera d’abord à leurs effets sur les conditions de vie des Sénégalais », a-t-il conclu.

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