Crainte de contamination, multiples accidents, cherté des denrées, conséquences de la fermeture des frontières

Une nouvelle fois, la région naturelle de la Casamance risque de payer un lourd tribut pour fêter la Tabaski 2020. Cette année, la Covid19, les accidents de la route dus au contournement par Tambacounda (près de 1000 km) , la corruption routière conséquences de la fermeture par Banjul de ses frontières, feront plus mal que les braquages des années précédentes imputés à des éléments du MFDC. Pourtant, le 21 janvier 2019, l’ensemble de la classe politique de la région présente lors de l’inauguration du pont « Senegambia Bridge » s’étaient époumonés à mettre cette infrastructure dans le bilan du président Macky Sall.

Il faut voir les innombrables carcasses de véhicules qui jonchent le tronçon Dakar-Kaolack-Tambacounda-Ziguinchor pour comprendre combien cette route dite de contournement est périlleuse pour les usagers comme pour les véhicules.

Mais, malgré les dangers, les gens prennent le risque de faire parfois plus de 20 heures de route dans des conditions inhumaines pour passer la fête en famille. Nonobstant la fatigue, les dangers liés aux accidents devenus récurrents avec un pic de trafic , il existe également les risques de braquage car cette partie du pays regorge de bandes armées dont l’une avait à période, ôté la vie du Commandant de la brigade de Koumpetoum, le Major Tamsir Sané.

L’autre danger est le risque de prolifération du virus. En effet, la région méridionale étant l’une des régions les moins infectées par la Covid19 depuis le début de la pandémie, risque avec ce flux de visiteurs de connaître une hausse inquiétante des cas positifs comme ce fut le cas lors de l’ouverture des classes. Plusieurs enseignants arrivés à Ziguinchor ont été testé positifs au point que le ministère avait reporté sine die la réouverture.

Inauguré en janvier 2019 à quelques jours de la présidentielle par les présidents sénégalais et gambien. Macky Sall et Adama Barrow ont été les premiers à emprunter le « Senegambian Bridge » qui va très largement fluidifier les déplacements. Rapidement l’APR l’avait mis dans son bilan

À cause de la fermeture de la frontière, les routes du Sud ont déjà fait plus de dix morts et le pire est à craindre pour les deux derniers jours avant la Tabaski. Autant les clients voudront rallier leurs villages à tout prix autant, les chauffeurs voudront faire le maximum de voyages engrangeant au passant une manne financière due à la hausse des prix . De 8.000 francs les prix pour rallier Ziguinchor se négocient entre 13 et 15.000 francs sans compter les bagages. Passer la fête en famille mais, à quel prix ?

Alors qu’il y’a juste quelques mois tous les leaders politiques de l’APR et de la région de Casamance en particulier avaient soutenu mordicus que le pont fait partie du bilan du président Macky Sall. Et certains frisant le ridicule, avaient soutenu que son financement était facilité par l’accession du président Macky Sall au pouvoir. Alors que ces fonds ont été mobilisés depuis 2002 sous le magistère de Idrissa Seck à la primature.

Mais, aujourd’hui face au calvaire des usagers , on entend aucune de ces voix qui jadis en avaient fait la propriété du Sénégal. En dehors d’une implication politique de ces leaders pour une solution provisoire, n’est-il pas indiqué que les élus qui étaient les premiers à s’illustrer dans l’achat des détergents, eau de javel au début de la pandémie, subventionnent les tickets de transport des « bus horaires » qui desservent leur localité ?

Une Tabaski ï pas comme les autres avec des dépenses supplémentaires dues au contournement. Ainsi, après la cherté des billets, il faudra faire face à la cherté des denrées du faits du contournement par Tambacounda et de la corruption 

« De Dakar à Ziguinchor, je dépense plus que je le faisais. Même avec l’autorisation de passer par Farafenni, les charges sont incommensurables car , on paie plus avec les agents gambiens sans compter ceux du Sénégal mais, le pic c’est au pont de Ziguinchor où c’est 50.000 francs à « payer » si tu veux revoir la paix », nous confie Cheikh Niang chauffeur de camion.

Cela est confirmé par Doura Diallo commerçant au marché Saint-Maur de Ziguinchor. « Nos marchandises arrivent avec plus de 200.000 francs de dépenses imprévues. Dans ces cas, nous sommes obligés d’augmenter les prix aux consommateurs pour éviter des pertes sèches et malgré nos alertes, aucune autorité ne semble gêner par cette situation». Et très amer, M. Diallo assène , « Ce qui se passe à l’entrée de Ziguinchor est vraiment inadmissible et nous commerçants avons avisé les autorités compétentes sur ce danger ».

« Avec le foyer qu’est Dakar, Ziguinchor risque de connaître une hausse des cas surtout qu’aucune mesure concrète n’a été prise au départ de Dakar encore moins à l’arrivée. Des cas, il y en aura durant les deux prochaines semaines », renseigne ce médecin qui requiert l’anonymat

Si les populations sont concentrées sur les préparatifs de la fête de la Tabaski, le personnel soignant lui cherche à élaborer des stratégies pour parer au pire. C’est ainsi que les permissions sont refusées au personnel soignant qui doit rester sur place de crainte de voir une hausse des cas.

« Nous sommes consignés à Ziguinchor comme d’autres le sont ailleurs et, cela prouve que l’état est conscient de la prolifération des cas avec tous ces déplacements. Pourquoi ne pas avoir eu le courage de restreindre les déplacements surtout que tout le monde sait que notre plateau médical est trop faible », soutient notre source.

Selon cette dernière, « Si les citoyens ne mesurent pas la gravité des choses, il revient au chef de l’état de prendre des mesures de sauvegarde pour tous les sénégalais. Nous sommes de plus en plus exposés face au Covid19 et pour preuve, vous avez suivi récemment l’agression du Pr Seydi à Dakar, que va-t-il nous arriver nous? »

Cheikh Saadbou Diarra (Atlanticactu.com)

 

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