Afrique : Niamey envoie en prison ceux qui promeuvent le 3ème mandat, à Dakar on sanctionne ceux qui le décrient

Pour avoir appelé à un troisième mandat en faveur du Président en exercice Mouhamadou Issoufou, des jeunes nigériens viennent de subir le glaive de la justice. Pourtant au même moment, des responsables de l’Apr parti au pouvoir, sont limogés pour avoir dénoncé un éventuel troisième mandat du président Macky Sall. C’est en flagrant délit que les deux acteurs de la société civile de Zinder seront jugés ce matin dans leur ville natale.

N’est pas démocrate qui veut. Au Niger, le Président Issouphou a clairement indiqué ne pas être intéressé par un troisième mandat. Et, il est allé plus loin en conviant ses pairs à Niamey pour se prononcer contre les modifications constitutionnelles en vue d’obtenir un 3ème mandat. Conséquences, en appelant leur président Issoufou Mahamadou à briguer un troisième mandat en 2021, Salissou Ibrahim et Issoufou Brah n’ont pas mesuré la gravité de leurs propos qui ont vite fait le tour des réseaux sociaux.

Complot pour détruire ou changer le pays, tels sont les chefs d’inculpation retenus contre les pro 3ème mandat

A la question de savoir pourquoi avoir tenu ces propos, le président de l’Union des jeunes nigériens pour le développement a répondu aux enquêteurs : « Nous sommes des jeunes citoyens qui ont apprécié pendant huit ans les actions de développement du président Issoufou Mahamadou ».

Après quatre jours de garde à vue, ils sont inculpés, selon le procureur du tribunal de grande instance de Zinder, pour avoir fait des propositions non agréées de former un complot pour détruire ou changer le régime constitutionnel.

Cette déclaration d’appel à un troisième mandat a été diversement appréciée au Niger. Mais pour Mohamed Bazoum, le président du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) : « Un troisième mandat au Niger signifie un coup d’Etat. Nous sommes un parti qui a comme ambition de stabiliser le pays pour progresser ».

Au Sénégal, en Guinée et Côte d’Ivoire, les chefs d’état entretiennent le flou même si une volonté d’effectuer un 3ème mandat se précise au risque d’embraser leur pays

Lors d’un de ces messages à la nation et devant le président français, Emmanuel Macron, à Niamey, le président Issoufou Mahamadou l’a dit et répété : en 2021, il organisera des élections libres et transparentes, et passera le témoin. Cette position n’est pas la plus partagée en Afrique de l’Ouest où les présidents sénégalais, Guinéen, ivoirien à qui il est prêté une volonté de faire un 3ème mandat, continuent d’entretenir le suspense. En Guinée, à l’annonce des modifications de la constitution, plus d’une dizaine de manifestants sont morts sous les balles de la police, au Sénégal par contre, le Président Macky Sall use de son sabre pour faire taire ceux qui sont contre.

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