vendredi, 28 août 2026 20:13

« ET PUIS C’EST TOUT » : LE SIGNAL D’UN DESORDRE QUI GUETTE LE SENEGAL

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Sénégal
Atlanticactu/ Dakar/KMNGN
« Et puis c’est tout » : chacun peut désormais se permettre, dans la prise de parole publique, d’user et d’abuser d’une tonalité libertaire, voire liberticide, avant de conclure par cette formule. Sauf que cette attitude pose problème dans un pays qui s’identifie culturellement à une civilisation de l’oralité, où l’usage de l’euphémisme peut soit nous enfoncer dans les abysses de l’hypocrisie, soit nous éloigner des conflits.
L’euphémisme sénégalais est un couteau à double tranchant. Mais peut-on tout dire, surtout dans un pays qui s’appelle le Sénégal ?
La République est régie par des lois, tandis que la pétaudière est encadrée par les envies, les humeurs et les pulsions de chacun. Demeurons-nous une République ? C’est une question à laquelle il faut tenter de répondre. Peut-on se prévaloir, au nom d’un statut social ou religieux, pour tenir un discours susceptible d’attenter à la cohésion nationale ? Une telle interrogation ne devrait même pas avoir à être posée dans une République.
Pourtant, dans notre pays, on observe une « crise d’autorité » signalée par Ousmane Sonko, qui était censé restaurer cette autorité. Mais pour des raisons politico-politiciennes, il est le premier à la transgresser. La République cède ainsi sa place à une pétaudière.
Le linge sale, qui devrait être lavé et essoré clandestinement dans la buanderie de la maison, se retrouve désormais exposé publiquement. Des religieux, qui devraient jouer un rôle de régulateurs sociaux, se transforment en dérégulateurs sociaux par des discours a-religieux tenus lors de cérémonies foncièrement religieuses.
Rien ne leur manque pourtant : ils bénéficient de tout le protocole royal que l’on observe chez les présidents dans des pays conflictogènes. Chez nous, il n’existe même pas de nuisance susceptible d’attenter à notre tranquillité. Ces religieux mènent une vie paisible, ont assuré et rassuré dès à présent la richesse de leur progéniture, qui échappe elle aussi au parcours juvénile du Sénégalais lambda. Télécha
Au nom de leurs illustres prédécesseurs, érudits incontestables, ils s’en détournaient pourtant par leur discours et leur posture, d’une vie épicurienne.
Si chacun se permet de dire ce qu’il veut sans filtre, avant d’ajouter en guise de conclusion « et puis c’est tout », c’est le signal d’un désordre qui guette le Sénégal. Les dégâts collatéraux seront nationaux.
KMNGN
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