mercredi, 8 juillet 2026 13:56

La croissance de l’Afrique de l’Ouest devrait atteindre 4,9 % en 2027, selon la BIDC

Partager sur :

Les plus lus

Sénégal

Atlanticactu/ CEDEAO/ BIDC/ Rapport 2026/ WADO 2026/ Serigne Ndong

La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) se montre optimiste quant aux perspectives économiques de l’Afrique de l’Ouest, malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques. Dans son rapport 2026, l’institution prévoit une croissance régionale comprise entre 4,7 % et 4,9 % au cours des deux prochaines années.

Selon l’APS, le rapport West African Development Outlook (WADO) 2026, intitulé « Perspectives de développement en Afrique de l’Ouest : Turbulences lointaines, chocs familiers », présente des perspectives encourageantes pour la sous-région. Après une progression de 4,7 % en 2024, la croissance est estimée à 4,8 % en 2025. Elle devrait ensuite s’établir à 4,7 % en 2026 avant d’atteindre 4,9 % en 2027.

Cette évolution s’accompagne d’une amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques. L’inflation moyenne a notamment fortement diminué, passant à 16,8 % en 2025, soit une baisse de près de neuf points de pourcentage. Cette tendance est attribuée au recul des prix des produits alimentaires et de l’énergie ainsi qu’à une meilleure stabilité des monnaies ouest-africaines.

Les finances publiques enregistrent également des progrès. Le déficit budgétaire s’est réduit, passant de -3,7 % du PIB en 2024 à -2,6 % en 2025, grâce à une meilleure collecte des recettes fiscales, à une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques et à une baisse des charges liées aux intérêts de la dette. Dans le même temps, la dette publique est descendue à 49,3 % du PIB, tandis que le solde du compte courant est passé de 0,3 % à 1,8 % du PIB, traduisant un renforcement de la position extérieure de la région.

La BIDC relève toutefois que cette croissance ne profite pas encore à l’ensemble des populations. Le rapport fait état d’une aggravation de la pauvreté des travailleurs dans la majorité des pays ouest-africains, illustrant le fait que les effets positifs de la reprise économique peinent encore à améliorer les conditions de vie d’une grande partie des habitants.

L’institution attire également l’attention sur plusieurs facteurs de risque pouvant compromettre cette dynamique. Elle cite notamment les dérapages budgétaires, l’insécurité alimentaire, les tensions sur les taux de change, les coupures d’électricité ainsi que la possibilité d’un regain de l’inflation.

Les tensions mondiales continuent d’avoir des effets sur la région

Le rapport s’intéresse aussi aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, dont les effets sont comparés à ceux observés lors de la pandémie de COVID-19 et du conflit en Ukraine. Bien que ces crises se déroulent loin de l’Afrique de l’Ouest, elles continuent d’alimenter la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des produits alimentaires.

La BIDC estime néanmoins que ce contexte pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives. Le commerce intrarégional des carburants, des engrais et des denrées alimentaires pourrait se renforcer, avec un rôle déterminant attendu du Nigeria. Par ailleurs, la hausse des cours du pétrole, de l’or et des minerais constitue une opportunité pour les pays exportateurs, susceptibles d’accroître leurs recettes et de consolider leur stabilité macroéconomique.

Au final, la banque régionale estime que les fondamentaux économiques de l’Afrique de l’Ouest devraient rester solides dans les prochaines années. La poursuite de la désinflation, la baisse graduelle de la dette publique et le maintien d’un excédent du compte courant devraient permettre à la sous-région de conserver une croissance avoisinant les 5 %.

Partager sur :

Plus d'articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents