Sénégal
Atlanticactu/ Dette publique/ Amy Dia/ Députée/ Serigne Ndong
La question de la dette publique s’est imposée au centre du débat d’orientation budgétaire à l’Assemblée nationale. Intervenant au cours des discussions, la députée Amy Dia a défendu une position claire : le Sénégal ne devrait pas recourir à une restructuration de sa dette, mais privilégier un assainissement durable de ses finances publiques. « Je ne suis pas favorable à une restructuration de la dette », a-t-elle affirmé devant le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan.
Selon l’élue, l’enjeu principal est de rétablir la crédibilité financière du pays afin de consolider la confiance des partenaires techniques et financiers ainsi que des investisseurs.
Pour atteindre cet objectif, Amy Dia plaide pour une meilleure mobilisation des ressources internes, un renforcement de la lutte contre les gaspillages et une plus grande transparence dans la gestion des finances publiques. Elle estime aussi que les ressources de l’État doivent être prioritairement orientées vers des investissements productifs, susceptibles de générer de la richesse et de contribuer au remboursement des engagements financiers du Sénégal.
Abordant la question du déficit budgétaire, la députée a souligné l’importance de poursuivre sa réduction. Elle a toutefois averti qu’une politique d’assainissement ne devait pas compromettre les investissements structurants ni les dépenses sociales jugées essentielles.
S’appuyant sur les conclusions du rapport présenté aux parlementaires, Amy Dia a également exprimé ses préoccupations face au faible taux d’exécution des investissements publics. À ses yeux, les crédits adoptés doivent se traduire par des réalisations concrètes au bénéfice des populations, notamment la construction d’écoles, d’hôpitaux, de routes, de forages et la création d’emplois.
La députée a par ailleurs mis l’accent sur le rôle du secteur privé, qu’elle considère comme le principal levier de création d’emplois. Si elle appelle à améliorer l’environnement des affaires, elle insiste également sur la nécessité de mieux protéger les travailleurs.
S’appuyant sur son expérience de plus de dix ans comme salariée dans le secteur privé, Amy Dia a évoqué les difficultés auxquelles de nombreux employés restent confrontés, notamment les faibles salaires, la précarité, le non-versement de certaines cotisations sociales ainsi que les préoccupations liées à la retraite et à la protection sociale.
« Une économie forte ne peut pas se construire sur la fragilité de ceux qui créent la richesse », a-t-elle soutenu, avant d’inviter le gouvernement à renforcer les politiques en faveur de l’emploi des jeunes. Selon elle, la jeunesse sénégalaise attend des emplois durables, des formations mieux adaptées aux besoins du marché, un accès facilité au financement et un accompagnement renforcé de l’entrepreneuriat.
