Sénégal
Atlanticactu/ Finances publiques/ Cheikh Diba/ Dette cachée/ Serigne Ndong
Le ministère des Finances et du Budget est intervenu ce mardi pour fournir des « clarifications ». En effet, dans un article publié lundi, «Financial Times» avançait que l’État du Sénégal aurait contracté des emprunts d’un montant de 650 millions de dollars, via des instruments financiers de type Total Return Swap (TRS), et que ces emprunts auraient été dissimulés. Dans un communiqué publié ce mardi, le ministère a présenté sa version des faits.
Il explique que ces opérations s’inscrivent dans la stratégie de diversification des sources et des instruments de mobilisation des ressources, dans un contexte international marqué par un accès plus restreint aux marchés. «Face à ce contexte, une analyse approfondie de cet instrument a été menée pour une opérationnalisation sur le marché financier local en 2025», précise le communiqué.
Le ministère souligne également que le recours aux TRS vise à élargir la base des investisseurs sur le marché financier régional, en attirant des investisseurs étrangers afin d’approfondir le marché domestique et d’en améliorer la liquidité. «Ces investisseurs de premier rang ont généralement des exigences d’accès au change pour disposer de la monnaie locale en vue de leur souscription aux titres publics, ainsi que de la devise pour rapatrier les intérêts et maintenir la valeur de leurs portefeuilles. La structuration réalisée tient compte de ces exigences tout en maîtrisant le risque pour l’État», expliquent Cheikh Diba et ses collaborateurs.
Conditions et taux
Le communiqué indique que les conditions d’emprunt sont particulièrement avantageuses. «Le taux net supporté était d’environ 7,1 %, ce qui était nettement inférieur aux taux sur les marchés internationaux, notamment ceux des marchés Eurobonds, dont les niveaux moyens de rendement pour l’année ont été de 12 % et 11 % sur les obligations en euros (respectivement EUR 2028 et EUR 2037) en 2025», précise le ministère.
Ces opérations ont permis de réaliser des économies substantielles pour le Trésor public. Elles ont été conduites sur le marché des titres publics à travers sept opérations entre avril et novembre 2025, conformément au calendrier d’émission et en cohérence avec la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme, dans le respect de l’autorisation parlementaire.
Le ministère explique que ces financements ont pris la forme d’émissions de titres publics par adjudication, et que les résultats sont publiés après chaque émission, conformément aux règles de transparence du marché.
La thèse de la dissimulation
Le ministère précise que «la communication du ministre des Finances et du Budget à l’Assemblée nationale le 29 novembre 2025 prouve, si besoin, l’absence de dissimulation et la transparence entourant le recours à cet instrument». Il ajoute que le recours aux TRS dans le cadre des émissions de titres publics était mentionné dans le rapport économique et financier annexé à la LFI 2026.
Pour écarter toute suspicion de dissimulation, le ministère affirme également que l’exécution du plan de financement 2025 a été régulièrement partagée avec le Fonds monétaire international (FMI), avec lequel «plusieurs échanges écrits ainsi que des réunions ont porté sur le détail des mobilisations de financements, y compris sur les opérations de TRS».
Toutes ces opérations ont été structurées conformément au cadre juridique et réglementaire, en cohérence avec le plan de financement de 2025 tel que présenté dans la loi de finances.
L’utilisation des 650 millions de dollars
Concernant l’usage de ces fonds, le ministère indique : «Les montants mobilisés ont été affectés à l’exécution du budget de l’État, au titre de l’exercice 2025. Ces montants mobilisés dans le cadre de l’exécution du plan de financement 2025 ont exclusivement servi à couvrir les besoins dudit plan et ne sauraient en aucune manière adresser ceux de l’exercice 2026, qui sont en cours d’accompagnement dans le cadre de l’exécution du plan de financement 2026. En effet, il est connu de tous que l’échéance de l’Eurobond à laquelle l’article fait référence a été honorée en mars 2026».
Le ministère assure que le Sénégal reste pleinement engagé dans une gestion prudente, transparente et responsable de sa dette publique, tout en maintenant un dialogue régulier et constructif avec ses partenaires techniques et financiers, dont le FMI. Le recours aux TRS s’inscrit «dans une démarche cohérente, maîtrisée et assumée avec une communication transparente vis-à-vis des partenaires et de la représentation nationale», conclut-il.
