Annoncée depuis plusieurs semaines à grands renforts de publicité, la visite du président français à Dakar prévue le 31 octobre, a été annulée par l’Élysée. Les récentes violences urbaines en France sont brandies pour justifier la décision. Pourtant, au plus fort des manifestations, Emmanuel Macron s’était rendu en Arabie Saoudite.
La crise sociale qui secoue la France vient bousculer l’agenda diplomatique franco-sénégalais. Attendu à Dakar à la fin du mois d’octobre, Emmanuel Macron a annulé sa tournée au Sénégal et au Nigeria, révèle Jeune Afrique. Ce déplacement, note le média, devait marquer une nouvelle étape dans les relations entre Paris et Dakar, depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République, dans un contexte où le Sénégal entend redéfinir ses partenariats et réaffirmer ses choix souverains.
Le déplacement devait conduire le Président français à Abuja, puis à Dakar, où il était attendu les 30 et 31 octobre. Cette étape aurait constitué sa première visite officielle au Sénégal depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Selon Jeune Afrique, le mouvement social en France a motivé cette décision. Non sans préciser que la visite n’avait toutefois pas été annoncée officiellement par l’Élysée.
Cette venue était également attendue dans le contexte de l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse au Sénégal. Selon Jeune Afrique, Paris cherche à relancer ses relations avec l’Afrique de l’Ouest. Et que si le programme de la tournée était encore en cours de finalisation, les préparatifs avaient déjà bien avancé.
On peut cependant s’interroger sur la pertinence de cet argument lié au mouvement social en France, sachant que, pendant que l’Hexagone était en proie aux tensions, Emmanuel Macron s’était rendu dans plusieurs pays arabes, notamment aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite.
Il est clair, en effet, que l’Afrique de l’Ouest francophone, où le sentiment anti français est devenu particulièrement vif, ne semble plus être une région que la France considère comme prioritaire dans sa stratégie diplomatique. Une évolution qui interroge sur la place que Paris entend désormais accorder à ses anciens partenaires de la région notamment le Sénégal.