Tchad : Face aux risques encourus, le Quai d’Orsay alerte et recommande (carte)

La récente multiplication des attaques de Boko Haram dans la région du Lac Tchad depuis le début du mois de mai, avec de nombreuses actions de terreur contre les populations locales et des attaques ciblées contre les postes sécuritaires, a conduit le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères à renforcer ses conseils de sécurité aux voyageurs (actualisation au 28 mai 2019). J’invite évidemment tous nos compatriotes à suivre avec la plus grande attention ces conseils.

Pour la province du Lac Tchad, seule la localité de Bol reste désormais en zone « orange » (zone déconseillée sauf raison impérative) , tandis que l’ensemble de la région est désormais classée « rouge » (zone formellement déconseillée). L’excursion au célèbre « rocher des éléphants », que j’avais pu encore faire l’an dernier, est désormais interdite.

La dangerosité des voies d’accès aux abords du Lac Tchad est encore accentuée par l’usage nouveau par Boko Haram d’engins explosifs improvisés et de mines. Le journaliste Obed Nangbatna, travaillant pour la chaine de télévision publique Télé Tchad, a ainsi été mortellement blessé le 25 mai dernier alors que le convoi militaire qu’il accompagnait a heurté une mine.
Régions formellement déconseillées (en rouge)
• Lac Tchad
Cette région, qui fait l’objet d’attaques régulières, est formellement déconseillée (hormis la ville de Bol). Des opérations militaires y sont régulièrement conduites par l’armée tchadienne.
• Est et sud du Tchad
L’insécurité dans l’est et le sud du Tchad (frontières avec la province soudanaise du Darfour et avec la République Centrafricaine) reste un sujet de préoccupation. La situation de sécurité qui reste dégradée en République Centrafricaine et les récentes vagues de réfugiés en provenance du nord du pays constituent un facteur de risque supplémentaire. La frontière entre les deux pays est fermée.
• Zones frontalières
En raison de l’incursion de groupes armés et d’opérations militaires, les frontières du Tchad avec les pays voisins sont formellement déconseillées. Les zones frontalières avec la Libye ont été déclarées « zones d’opérations militaires » en janvier 2017. La frontière avec la Libye est à ce stade fermée.
• Province du Tibesti
Une opération militaire est en cours dans cette zone désertique depuis août 2018. Considérant les nombreux trafics transfrontaliers et la présence de mines, les déplacements dans la province du Tibesti (hormis Bardaï) sont formellement déconseillés.
• Province de l’Ennedi et l’est de la province du Borkou
Des opérations militaires ont lieu dans le nord-est du pays. Les provinces de l’Ennedi, ainsi que l’est de la province du Borkou sont formellement déconseillés.
Régions déconseillées sauf raison impérative (en orange)
• Les villes de Bardaï, Fada et Amjarass, Bongor et Bol
La ville de Bardaï, chef-lieu de la région du Tibesti, les villes de Fada et Amjarass dans l’Ennedi, la ville de Bongor dans la région de Mayo Kebbi Est ainsi que la ville de Bol dans la région du Lac font l’objet d’une attention particulière de la part des forces de sécurité tchadiennes. Compte tenu de la dangerosité des voies d’accès terrestres (présence de mines notamment), il est recommandé s’y rendre exclusivement par voie aérienne.
• Provinces du Borkou et du Wadi Fira
Les déplacements dans les provinces du Borkou et du Wadi Fira sont déconseillés sauf raison impérative.
Les provinces du nord, aux territoires immenses, sont très difficiles à sécuriser et abritent divers trafics. Il y a, en outre, de très nombreuses mines dans le Borkou.
Outre les éléments relatifs aux conditions de sécurité, cette zone reste très difficile d’accès et dépourvue de toute infrastructure, notamment sanitaire. Elle est située dans une des régions les plus chaudes du monde, notamment à partir du mois de février / mars (les températures, en journée, peuvent atteindre 50°). Entre décembre et fin février, il peut y avoir des vents de sable qui perturbent l’orientation et compliquent les interventions des secours.
Tout déplacement dans cette zone s’effectue donc aux risques et périls du voyageur. Toute personne qui souhaiterait néanmoins s’y rendre doit impérativement suivre les recommandations suivantes :
• le déplacement doit être sécurisé par un convoi des forces de sécurité tchadiennes ;
• partir avec au minimum 2 véhicules (avec pièces de rechange), des réserves en eau (extrême sécheresse à partir du mois de février – risque important de déshydratation), en nourriture, en carburant ;
• se doter de matériels de communication adaptés (téléphones satellitaires) ;
• le convoi doit impérativement être accompagné par une équipe médicale dotée d’un kit de première urgence. Une assurance d’évacuation aérienne doit être souscrite avant le départ. En effet, il n’existe aucune infrastructure sanitaire et les transports par voie terrestre peuvent s’avérer dangereux pour une personne déjà affaiblie. Les militaires déployés dans le cadre de l’opération Barkhane n’ont ni vocation ni les moyens d’assurer la sécurité sanitaire des touristes français ;
• un encadrement professionnel des voyageurs impliquant un temps de séjour sur le site limité à quelques heures et des itinéraires de visite sécurisés doivent être respectés ;
• le déplacement d’enfants mineurs et de personnes âgées est fortement déconseillé. Seuls des adultes, en pleine forme physique, peuvent envisager un déplacement de cette nature. Il est recommandé, avant toute inscription, de solliciter l’avis de son médecin traitant.

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