Senelec: Les comptes virent au rouge, un remake des « émeutes de l’électricité » craint

De mémoire, la société nationale n’a jamais atteint ce seuil d’inquiétudes. Même lors des grèves qui ont accompagné la naissance du Sutelec, puissant syndicat dirigé par Mademba Sock à l’époque ou le rationnement électrique des années 2010/2011 au point que l’ancien pouvoir était obligé de louer des barges et mettre en place le fameux « Plan Takkal », les finances de Senelec n’avaient atteint ce seuil inquiétant. Effets conjugués d’une dette de 247 Milliards et d’un déficit criard de 125 Milliards, les employés ont pour une première fois depuis 1990, perçu leur salaire le 31 juillet et la crainte de retomber dans l’ambiance de 2011, est bien réelle.

La première salve de cette morosité inquiétante a été lancée par Momar Ndao, Président de l’Ascosen, une des principales associations consuméristes. Sur sa page Facebook, ce dernier annonce sans ambages, « Aujourd’hui, il faut choisir entre ne pas avoir de l’électricité et un léger réajustement tarifaire. » une publication considérée comme une alerte du Président des consommateurs Momar Ndao qui intervient dans un contexte de retour à des délestages. Ne se limitant pas à ce commentaire qui fait déjà chaud dans la tête des sénégalais en cette période de canicule où certains quartiers de Dakar et de l’intérieur du pays notamment, sont parfois privés d’électricité pendant de bonnes heures, Momar Ndao, imputé ces délestages que, ces délestages à une « panne de fonctionnement du budget » de la Senelec.

Le Président de l’Ascosen n’aura fait qu’enfoncer une porte déjà ouverte puisque, dans des éditions précédentes,le Quotidien SourceA avait tiré sur la sonnette d’alarme quant à la situation héritée par l’actuel directeur général, Pape Mademba Bitèye. Ce dernier, au delà de l’énorme masse salariale trouvée à sa prise de fonction, devait faire face une situation financière des plus alambiquées. Malgré des « démentis », la situation d’aujourd’hui prouve que le Canard avait bien tapé dans le mille.

Comment Senelec en est arrivé à cette situation alors que les certifications aux standards internationaux, n’ont eu de cesse de démontrer que la boîte était super liquide et avait fini d’être assainie par l’Inspecteur Général d’État, Mouhamadou Makhtar Cissé

Pour rappel , la Senelec n’en est pas à sa première descente en enfer. Autant sous le magistère d’Abdou Diouf et pire sous celui d’Abdoulaye Wade, la société nationale a été de tout le temps, une vache laitière et une officine de recasement de personnel politique. Les audits effectués n’ont jamais servi à grand chose, tout au moins, ils ont été rangés ainsi que les recommandations avancées. Plusieurs directeurs généraux ont été épinglés dans des affaires de délit d’initiés et de prise d’intérêt illégal, sans plus. Ce cumul de mauvaise gestion est à l’origine de l’actuelle situation de Senelec qui risque de passer dans le giron d’un privé à un prix symbolique. Et, sans jouer les oiseaux de mauvais augure, Atlanticactu.com promet de revenir en détail sur le prochain actionnariat de la société nationale.

Très en verve, le consumériste en chef de dévoiler, « La Senelec a un déficit de 125 milliards et l’Etat lui doit 247 milliards, et elle doit 50 milliards à la SAR elle n’arrive plus à faire face à ses charges de combustible. C’est pourquoi, les délestages sont revenus ». Et c’est parti pour être cauchemardesque souligne le consumériste qui va jusqu’à prédire une situation similaire sous le régime de Wade. Des coupures d’électricité qui avaient occasionné de violentes manifestations un peu partout dans le pays que les policiers avaient du mal à maîtriser. Certaines agences de la Senelec ont même étaient brûlées. Il estime qu’une pareille violente situation risque de se reproduire. « On risque d’être dans la même situation qu’en 2011/2012 ou l’électricité était rationnée avec des émeutes de l’électricité ».

Les GIE prestataires de Senelec courent derrière plus de treize mois d’arriérés, les factures tardent à être distribuées, le recouvrement bat de l’aile et depuis les années 1980/90, pour la première fois, les employés sont payés après le 25 du mois

Autant de signes qui font que le Sénégal peut d’ores et déjà se préparer à une nouvelle crise de l’électricité comme ce fut le cas entre 2011 et 2012. Cette crise avait plongé le pays dans une spirale de manifestations qui avait fini d’emporter le régime de l’ancien Président Abdoulaye Wade. Et pourtant, d’énormes investissements avaient été effectués mais, les résultats profiteront plus au successeur du Pape du Sopi.
Aujourd’hui, avec un regard sur le rétroviseur, les sénégalais se posent la question à savoir où sont allés ces 800 milliards de francs CFA, injectés dans le secteur de Le en 2011? Pourtant, entre 2011 et 2013, le déficit de production était aux alentours de 256 mégawatts (50 % de la demande d’énergie), et un trou abyssal de la Société nationale d’électricité (Senelec) : 55 milliards de F CFA de déficit contre 125 Milliards aujourd’hui et 160 milliards de dettes et 247 milliards actuellement , révélés par l’audit financier du cabinet BDO Sénégal. Sans prendre de gants, Senelec est en faillite, dans l’impossibilité de payer son combustible (50 milliards de F CFA d’arriérés de paiements auprès de la Société africaine de raffinage et du trader ).

Une faillite qui fait dire à À.Dieng, tout nouveau retraité, « C’est la première fois depuis les années 1989/90 que les employés de la boîte , perçoivent leur salaire après le 25 du mois. Cela prouve vraiment qu’il y a problème et pourtant, on nous a toujours rassuré en nous faisant croire que Senelec avait le meilleur dirigeant »

Sans sen convaincre , Momar Ndao lance, « Pour l’heure, l’augmentation du prix de l’électricité n’est pas à l’ordre du jour mais elle n’est pas à exclure non plus. Mais la balle est dans le camp de l’Etat. Car devant cette situation, deux alternatives s’offrent au gouvernement ». Selon ce dernier, « soit l’Etat donne l’argent, soit on réajuste le prix de l’électricité. L’Etat aujourd’hui n’a pas d’argent , il y a même des services qui ont des problèmes de fournitures. Nous sommes contre toute hausse ».
Pour le moment, quelques heures ou minutes de coupures sont notées ça et là et aucune explication officielle n’est donnée même si certains évoquent déjà une lourde dette qui étrangle la Senelec.

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