Saint-Louis : Une unité de fabrique d’huile et de farine de poissons menace gravement la santé des populations

La floraison subite d’usines de fabrique d’huile et de farine de poissons en Afrique de l’Ouest et particulièrement au Sénégal, est à l’origine de nombreuses manifestations des populations soutenues par des organisations de protection de la nature. Après la fermeture de l’usine d’Abéné dans le Sud du pays, les populations de Gandiol, Nianing, Dougar, Cayar multiplient les manifestations pour faire partir ces industries chinoises.

Depuis plus de deux ans, les populations de Gandiol, au nord-ouest du Sénégal, exigent la fermeture de « Sea Production », une unité spécialisée dans la production de farine et huile de poissons. Lors d’une manifestation soutenue par Greenpeace Sénégal le 18 novembre 2019, les habitants de Gandiol ont accusé l’usine chinoise, d’être responsable de la dégradation de l’environnement et une pollution de l’air dans leur commune.
Gandiol, une commune de Saint-Louis située au nord-ouest du Sénégal, ne supporte plus les mauvaises odeurs qu’ils ont à subir depuis 2016 et ce, depuis l’installation d’une usine chinoise production de farine de poissons (Sea Production), qui a fini de mettre en danger la vie des résidents.

Soutenus par l’antenne Sénégal de l’ONG environnementale Greenpeace, les habitants de Gandiol ont organisé un grand rassemblement le 18 novembre 2019 non loin du site de l’usine « Sea Production », afin d’exprimer leur mécontentement. « Depuis que l’usine a démarré ses activités, l’éducation des enfants est menacée dans notre village. Nos élèves ont le droit d’apprendre dans un environnement sain. Nous interpelons l’État et nous interpelons donc l’État et nous demandons la fermeture pure et simple de cette usine », ont déclaré les manifestants.

Selon le chargé des campagnes océans de Greenpeace Sénégal, Abdoulaye Ndiaye, « cette pollution a également un impact négatif sur le cadre de vie des populations de la zone et sur leurs activités, de la pêche à l’agriculture en passant par l’élevage ».

Greenpeace combat les usines de poissons en Afrique
Au lendemain de la nomination le 2 novembre 2019 d’Alioune Ndoye, au poste de ministre de la Pêche et de l’Économie maritimes de l’État du Sénégal, Greenpeace Afrique avait soumis au nouveau ministre un rapport dans lequel elle attirait déjà l’attention sur les dégâts environnementaux des cinq usines de farine de poissons, présentes dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Dans ces établissements très souvent rudimentaires et à la main-d’œuvre extrêmement réduite (quatre personnes en moyenne), les experts de Greenpeace notent des dégagements toxiques, en particulier d’ammoniaque, issue de la fermentation des poissons.

Outre cette pollution à l’ammoniaque, la surpêche occasionnée par ces usines menace la survie des sardines au large des côtes ouest-africaines. Ce petit animal pélagique, facilement transformable en farine, est en effet très prisé par ces établissements. Et les piroguiers préfèrent vendre ces sardines aux usines qui leur demandent de grandes quantités plus tôt qu’aux ménagères qui proposent des prix plus bas. Dès lors, la surpêche devient une menace à l’écosystème marine. Puisque 4 à 5 kilogrammes de sardines fraiches sont nécessaires pour produire 1 kilogramme de farine de poisson.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici