mardi, 23 juillet 2024 08:04

« Predator files » : comment Emmanuel Macron a aidé des dictatures à espionner opposants, journalistes….

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France
Atlanticactu / Paris/ Dakar/ Abidjan/ Cheikh Saadbou Diarra
Alors que l’affaire Pegasus n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets, voilà que le cœur de la République française est touché par un nouveau scandale d’écoutes téléphoniques et de surveillance d’opposants , Activistes et journalistes étrangers. Le président Emmanuel Macron est visé dans une enquête d’un Consortium de journalistes d’investigation qui l’accuse d’avoir facilité à des Chefs d’État africains pour la plupart de surveiller leurs opposants.
À nouveau des révélations qui vont faire grand bruit. «”Predator files”: comment la France a aidé des dictatures à espionner leur peuple », tel est le titre de la nouvelle enquête de Mediapart, qui révèle que deux sociétés, Nexa et Intellexa, ont vendu des logiciels espions à plusieurs dictatures notamment africaines, « avec le soutien, voire la complicité, voire la complicité de la France ».
L’enquête est d’envergure. Pas moins de quinze médias internationaux, coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC) ont travaillé main dans la main pour récolter, regrouper, analyser et comprendre des centaines de documents, souvent confidentiels, avec l’assistance technique du Security Lab d’Amnesty International.
.Un logiciel de surveillance conçu par une entreprise française, vendu à travers le monde en usant de méthodes troubles, et d’intermédiaires obscurs à des clients peu recommandables et à des fins controversées : pas de doute possible, nous sommes bien face à une enquête made in Mediapart. Dans les deux articles publiés sur le site de Mediapart jeudi, Yann Philippin et Antchion Rouget, tirent le long fil qui va de la création en 2007 d’une société française de matériel de surveillance, à la mise en examen de leurs dirigeants en juin 2021 pour « complicité de torture ». Car c’est bien de cela dont il est question.
Des transactions qui échappent à tout contrôle
Les journalistes de Mediapart parlent de la « passivité » voire de la « complicité » des autorités des pays impliqués dans ces transactions. Alors certes Nexa n’est pas avare en subterfuges pour brouiller les pistes : la société est un véritable caméléon qui a changé plusieurs fois de noms au gré des stratégies commerciales et des révélations (celle de Médiapart n’étant pas la première). Surtout, il faut bien souligner que ce n’est pas Nexa à proprement parler mais une société baptisée Advanced Middle East Systems, basé à Dubaï, qui se charge de mener à bien toutes les transactions plus sensibles – dont celle avec le gouvernement égyptien. Les deux sociétés n’ont officiellement aucun lien mais Advanced System est détenue par… les patrons de Nexa. Enfin, Mediapart nous raconte comment les rencontres entre Mohammed ben Salmane et les dirigeants de Nexa ont été facilitées par un certain Alexandre Benalla. Et l’histoire ne fait que commencer puisque révélations et précisions seront publiées sur le site de Mediapart pendant toute une semaine. Une affaire à suivre donc, car pour reprendre les mots de Fabrice Arfi pour qualifier l’enquête : « C’est lourd, c’est grave, et c’est la France. »

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