Mali : IBK passe en force et obtient ses Législatives malgré les risques

Malgré l’épidémie de Covid-19 et le terrorisme qui sévit au nord et au centre du pays, les Maliens étaient appelés aux urnes dimanche 19 avril. Le taux de participation s’annonce historiquement bas, souligne la revue de presse Afrique de RFI

Malgré la pandémie de Covid-19, les Maliens ont voté hier pour le second tour des législatives. Du moins, ils étaient appelés à voter, car l’affluence n’était pas vraiment au rendez-vous dans les bureaux de vote.

Dans la commune 5 du district de Bamako par exemple, rapporte le quotidien L’Indépendant : “pas d’affluence, pas d’incident majeur. Chaque électeur, à l’entrée des centres de vote de l’École fondamentale de Daoudabou I et II avait droit à un masque pharmaceutique.”

Le Pays, un autre quotidien malien, note au contraire un peu plus d’affluence dans certains bureaux de vote de la capitale. “Malgré la propagation inquiétante de la pandémie du coronavirus, les Bamakois, en tout cas pour la plupart des centres que notre équipe a visités, étaient très mobilisés pour le second tour.

Billets de banque comme seul moyen de faire voter malgré l’insécurité

La raison ? “Les billets de banque ont beaucoup parlé. Cela a fait disparaître la peur du coronavirus.” Ainsi, précise Le Pays, “ce jeune homme d’une vingtaine d’années affirme être venu voter pour de l’argent. ‘Je suis venu parce qu’on m’a promis 5 000 francs CFA [environ 7,50 euros]. Je prends cette somme parce que si je ne le fais pas, c’est moi le perdant. Ces politiciens n’ont pas besoin de nous une fois élus’, a-t-il dit sans hésiter.” Il s’est bien gardé de préciser qui lui avait fourni cette somme.

Si dans la capitale, le scrutin s’est déroulé sans entrave, L’Indépendant note des incidents dans le Nord, dont des pans entiers sont à la merci des groupes djihadistes : “à la veille de ces législatives, notamment dans la région de Tombouctou, le matériel électoral a été attaqué et brûlé par des hommes armés.”

Pas de “chaos”, malgré le virus

Pour sa part, “après avoir accompli son devoir citoyen hier, à Sébénicoro, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), s’est prononcé sur la situation de la pandémie du COVID-19”, rapporte notamment le site d’information Maliweb. “IBK a rejeté toute idée de confiner les Maliens : ‘nous ne pouvons pas confiner les Maliens, bloquer les Maliens, les condamner à la mort par la faim. Nous avons le devoir de les protéger’”

IBK s’est d’ailleurs félicité de la commande de 20 millions de masques, dont 10 millions ont été distribués dans les centres de votes. Enfin, pour lui, il était essentiel que nous votions, pointe encore Maliweb : “ll faut que le Mali ait des Institutions solides pour qu’après le Coronavirus, on ne nous dise pas que nous n’avons pas d’institutions solides et que l’État bascule dans le chaos. Non ! L’État Malien sera là, debout, digne dans le vent et avancera”.

Toujours est-il, s’exclame Le Pays au Burkina Faso, que :

« les Maliens ont encore exprimé de façon claire leur désintérêt pour ce rendez-vous électoral, dans un contexte de guerre meurtrière au Nord et de maladie infectieuse galopante au Sud,. Conséquence, à moins d’une manipulation éhontée des chiffres, le taux d’abstention sera globalement sans équivalent dans l’histoire électorale du Mali ; ce qui pose évidemment le problème de la légitimité des futurs députés qui se satisferont, avec une mauvaise foi de chacal, de leur titre trompeur de représentants du peuple. »

La Rédaction

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