vendredi, 23 octobre 2026 08:52

Logement au Sénégal : un programme de plus de 1 875 milliards FCFA pour transformer les villes et faire baisser les prix

Partager sur :

Les plus lus

Face à la cherté du logement et à l’urbanisation anarchique, le gouvernement sénégalais mise sur un vaste programme de transformation urbaine. Présenté jeudi à Dakar par le ministre Moussa Bala Fofana, le Programme national de renouveau urbain et d’habitat souverain (PNRUHS) prévoit plus de 1 875 milliards de FCFA d’investissements pour les villes nouvelles, auxquels s’ajoutent 1 100 milliards de FCFA sur 15 ans pour la restructuration urbaine.

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa politique d’urbanisation et d’accès au logement. Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire, Moussa Bala Fofana, a présenté jeudi à Dakar le Programme national de renouveau urbain et d’habitat souverain (PNRUHS), à l’occasion de l’ouverture de la sixième édition du salon SENHABITAT 2026.

Inscrit dans la vision de l’Agenda national Sénégal 2050, ce programme marque, selon le ministre, le passage à la phase opérationnelle de la nouvelle doctrine de l’habitat au Sénégal. Il repose sur un portefeuille d’investissements de plus de 1 875 milliards de FCFA destiné aux villes nouvelles, complété par une enveloppe de 1 100 milliards de FCFA consacrée à la restructuration urbaine sur une période de 15 ans.

50 % de logements sociaux et abordables dans les projets agréés

Pour répondre à la crise du logement, à la hausse des loyers et à l’urbanisation désordonnée, l’État entend renforcer sa collaboration avec les acteurs privés nationaux et internationaux à travers un mécanisme de co-investissement.

« Face à la crise du logement, à la cherté des loyers qui touche plus d’un ménage sur deux à Dakar et à l’urbanisation anarchique, l’État déploie une nouvelle doctrine de co-investissement avec le secteur privé national et international », a expliqué Moussa Bala Fofana.

Le dispositif prévoit notamment une répartition obligatoire des logements dans les projets immobiliers agréés : 50 % de logements sociaux et abordables et 50 % de logements libres. Cette mesure vise à favoriser la mixité sociale tout en préservant la viabilité économique des opérations immobilières.

Pour réduire les coûts de construction, le gouvernement compte également s’appuyer sur la mise à disposition gratuite du foncier public, des mesures fiscales ciblées, le préfinancement des réseaux et la valorisation des matériaux locaux.

À ce titre, le ministre a mis en avant le Mortier Teranga, un matériau dont l’utilisation permettrait, selon lui, de réaliser jusqu’à 57 % d’économies sur le coût de construction des infrastructures.

Le prix du logement social F3 annoncé en baisse de près de 20 %

Parmi les objectifs affichés par les autorités figure la réduction du coût d’acquisition des logements. Le ministre a notamment cité le logement social de référence de type F3, d’une superficie de 75 m², dont le prix devrait passer de 23,84 millions à 19,07 millions de FCFA, soit une baisse d’environ 20 %.

En parallèle, un fonds renouvelable de 29,66 milliards de FCFA sera mobilisé pour relancer les chantiers immobiliers à l’arrêt.

« Cette enveloppe prioritaire est spécifiquement destinée à achever les réseaux d’eau, d’électricité et les voies d’accès de ces programmes actuellement paralysés », a précisé Moussa Bala Fofana.

17 650 logements prévus sur 14 sites prioritaires

Pour mettre en œuvre cette politique, l’État compte mobiliser une réserve foncière nationale estimée à près de 17 800 hectares. À court terme, le gouvernement cible 14 sites stratégiques sur lesquels il prévoit de lancer la construction de 17 650 logements.

L’axe Dakar–Thiès–Mbour occupe une place centrale dans ce dispositif. Plus de 5 600 hectares y sont déjà en cours d’aménagement, notamment à Daga Kholpa, Déni Birame Ndao, Yenne et Diacksao-Bambilor, dans la région de Dakar.

Le projet phare de cette politique reste toutefois la Nouvelle Ville de Thiès. Selon le plan directeur présenté par les autorités, cette future agglomération devrait accueillir, à terme, 136 000 logements répartis dans une centaine d’écoquartiers à vocation durable, universitaire et industrielle.

Des aménagements prévus dans plusieurs régions

Le programme prévoit également des opérations d’aménagement dans les régions de l’intérieur du pays, dans le but de mieux répartir les infrastructures et les opportunités de développement urbain.

Le ministre a notamment cité Notto-Diobass, où 900 hectares sont concernés, Diourbel, avec 40 hectares, ainsi que Touba, où 36 zones d’aménagement concerté (ZAC) sont prévues. Saint-Louis, Kaolack et Kédougou figurent également parmi les localités concernées.

À travers le PNRUHS, le gouvernement entend ainsi agir simultanément sur l’offre de logements, le coût de la construction, la remise en état des chantiers bloqués et l’aménagement du territoire. La concrétisation de ces ambitions dépendra notamment de la mobilisation effective des financements annoncés et de l’exécution des projets sur les différents sites retenus.

Partager sur :

Plus d'articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents