France : Financement libyen : Quand Mediapart enfonce Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, président de la droite française de 2007 à 2012, avait été, en 2018, interrogé et mis en examen dans une affaire de corruption, blanchiment d’argent et de fraude fiscale , dans le cadre d’une enquête sur des allégations de financement occulte libyen de sa campagne électorale gagnante en 2007. Si l’homme politique avait à plusieurs reprises rejeté ces allégations les taxant de grotesques, l’audition d’un ancien des Renseignements français, il y a quelques mois tendrait plutôt à les confirmer.

Saïf Al-Islam réveille le démon et un bref récapitulatif pourrait édifier les derniers sceptiques…

En mars 2011, Saïf al-Islam, fils de Kadhafi, révélait à la presse, «Sarkozy doit rendre l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. Nous avons financé sa campagne et nous en avons la preuve… La première chose que nous demandons, c’est que ce clown rende l’argent au peuple libyen. » Cette déclaration sonnait le début des tourments de l’ancien président.

En avril 2012, le site d’investigation Mediapart publiait un document qui aurait été signé par un haut responsable libyen, indiquant que le régime de Khadaffi aurait approuvé un versement de plusieurs millions d’euros pour «soutenir» la campagne électorale de Sarkozy.

En 2013, une enquête était ouverte en France, sur des fonds de campagne illégaux présumés en provenance de Libye, les enquêteurs s’étant penché sur des affirmations selon lesquelles le régime de Kadhafi aurait secrètement versé à Sarkozy 50 millions d’euros au total pour la campagne de 2007, soit le double de la limite légale de financement de la campagne, qui était alors de 21 millions d’euros et en violation des lois françaises contre le financement étranger de campagne présidentielles.

L’ancien directeur de la DGSE Alain Juillet ENFONCE définitivement Sarkozy

Et si l’ancien président jusqu’alors rejetait en bloc toutes ces accusations les déclarant fondées sur des allégations, le site d’information révélait cette fois que ces accusations n’avaient rien d’allégations. En juin 2019, Alain Juillet, ancien directeur de la DGSE, les Services de Renseignements Français et conseiller pour l’Intelligence Économique en France auprès du premier Ministre ; aurait déclaré au cours de son audition par le juge en charge de l’enquête que les soupçons sur de coupables accointances entre l’Ex-président et le régime de Kadhafi, daterait de beaucoup plus longtemps que l’on aurait cru.

Selon Juillet, de troublantes rencontres en 2005, entre de proches collaborateurs de Sarkozy et de hauts dignitaires du régime libyen aurait déjà mis la puce à l’oreille des services secrets français, « Ces rencontres sont troublantes. […] Là, on n’est plus dans la politique, on est dans le milieu des voyous », aurait-il déclaré.

Ajoutant que lorsque le chef libyen en 2007 ; en un acte exceptionnelle tant pour une puissance occidentale que pour le régime alors en place en Libye depuis près de quatre décennies, était reçu avec tous les honneurs échu à un ‘’ami de la République’’ avec tente en plein milieu des Jardins de L’Elysée, cela avait achevé de convaincre les plus sceptiques. Car aurait déclaré Alain Juillet ; « On n’a jamais vu quelque chose de pareil dans la République ».

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