Guinée Bissau
Atlanticactu/ Canchungu/ Bafata / Maïmuna Djalò
Aprés avoir réussi à écarter les principaux leaders de l’opposition pour des motifs fallacieux sous le regard complice de la CEDEAO et une fois de plus, annoncé une tentative de coup d’État à la veille de la campagne électorale, le « général » Umaru EMBALO s’achemine vers une victoire le 23 novembre 2025 tant pour la présidentielle que pour les législatives.
La campagne électorale en Guinée-Bissau a officiellement démarré le 1er novembre pour le double scrutin présidentiel et législatif prévu pour le 23 novembre. Douze candidats briguent la magistrature suprême, dont le président sortant Umaro Sissoco Embaló et son prédécesseur José Mario Vaz. En parallèle, quatorze partis, parmi lesquels la coalition Nô Kumpu Guiné, soutenant Embaló, s’affrontent pour les 102 sièges du Parlement.
En semant le doute dans la tête des Bissau guinéens avec l’annonce d’un nouveau coup d’État évité de justesse, le » général » du Gaabu a permis d’installer une atmosphère politique pas relativement sereine pour l’élection présidentielle et les législatives. En effet, l’armée avait annoncé avoir déjoué une « tentative de subversion » qui impliquait des officiers généraux et supérieurs, certains en fuite. Ces arrestations ont ravivé la crainte d’un nouvel épisode de turbulence dans un pays marqué, depuis son indépendance en 1974, par une instabilité chronique faite de coups d’État, de transitions forcées et de rivalités de clans. Ce climat tendu à Bissau s’ajoute pour la première fois depuis un demi-siècle, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation historique et pilier de la vie politique nationale, est absent du scrutin. La Cour suprême a invalidé la candidature de sa coalition, Terra Ranka, dirigée par Domingos Simões Pereira, principal opposant au président sortant. Un épisode va redéfinir totalement le paysage politique guinéen.
En manœuvrant pour priver le PAIGC d’une participation au double scrutin du 23 novembre, Umaro EMBALO rassuré de contrôler l’Assemblée Nationale Populaire avec la complicité de la CEDEAO
L’exclusion du PAIGC, parti fondateur de la République, donne du fil à retordre au régime en place. Depuis la guerre d’indépendance contre le Portugal, cette formation est le rempart de l’identité nationale. « Le régime en place est en train de créer les conditions pour se garantir une victoire », estime Paulin Maurice Toupane, chercheur à l’Institut d’études de sécurité de Dakar. En effet, l’opposition paraît affaiblie. Domingos Simões Pereira, figure de proue du PAIGC, a été empêché de se présenter, bien qu’il ait choisi d’apporter son soutien personnel à Fernando Dias, candidat indépendant. Pour beaucoup, cette alliance de circonstance précise la difficulté de l’opposition à se réorganiser face à un pouvoir solidement installé.
Je n’ai pas de gilet pare-balles. Nous sommes venus au pouvoir par les urnes, nous en partirons par les urnes
