jeudi, 24 septembre 2026 20:36

Attributions suspectes de legion d’honneur : le général Benoît Puga placé en garde à vue

Partager sur :

Les plus lus

France 
Atlanticactu/ Paris / Marie Pierre Dupuy 
Un général de surcroît avec cinq étoiles, placé en garde à vue n’est pas une chose courante.  C’est le cas depuis quelques heures avec l’arrestation du général Benoît Puga. L’ancien grand chancelier de la Légion d’honneur, de 2016 à 2023, soupçonné de corruption et de prise illégale d’intérêt est ressorti libre mercredi sans poursuite à ce stade. L’enquête déclenchée par le Parquet National Financier se poursuit.
Coup d’accélérateur dans l’enquête sur de possibles remises de décorations en échange de contreparties. Selon nos informations, le général Benoît Puga, ancien grand chancelier de la Légion d’honneur, a été placé en garde à vue mardi 22 septembre au matin à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Ocliff). Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte en septembre 2023 par le Parquet national financier (PNF) pour corruption, trafic d’influence et prise illégale d’intérêts.
Celui qui a été le chef d’état-major particulier de deux présidents de la République — Nicolas Sarkozy puis François Hollande — est ressorti libre mercredi tard dans la soirée. À ce stade, aucune poursuite n’a été engagée contre le général cinq étoiles, grand-croix de la Légion d’honneur, mais l’enquête, elle, se poursuit.
Des liens à éclaircir avec l’entourage d’un sénateur décédé
Au cœur du dossier figure la relation entre le général Puga et le sénateur et homme d’affaires Jean-Pierre Bansard, décédé en août 2024. Les enquêteurs cherchent à établir dans quelles conditions plusieurs personnes de son entourage familial ou professionnel ont pu obtenir des distinctions, notamment la Légion d’honneur ou l’ordre national du Mérite.Rejoindre La Communauté
L’objectif est de déterminer si le général est intervenu pour faciliter ces remises de décorations et si ces interventions ont pu s’accompagner de contreparties, directes ou indirectes. Son épouse a été entendue en audition libre, tout comme un restaurateur et un ancien membre de la Grande Chancellerie. Un homme d’affaires, par ailleurs impliqué dans le financement de projets liés à l’institution, a également été placé en garde à vue. Ces auditions visent à clarifier la nature des relations entre les différents protagonistes et à vérifier l’existence d’avantages éventuels liés aux demandes de décoration.
Des révélations initiales autour de multiples distinctions
L’affaire a émergé à l’automne 2023, après la publication d’une enquête journalistique évoquant une série de décorations attribuées à des proches du sénateur, dont plusieurs membres de son entourage politique et familial. Des avantages potentiels au bénéfice du général Puga avaient également été évoqués, comme des séjours en Corse ou des invitations, ainsi que des liens d’affaires impliquant son entourage.
Le rôle d’un lobbyiste du secteur immobilier, à l’origine d’une fondation créée en 2019 pour financer la rénovation de bâtiments liés à l’institution, avait aussi été questionné. Cette structure, censée mobiliser des chefs d’entreprise pour des dons, aurait pu constituer un canal indirect pour l’obtention de distinctions honorifiques.Commander Équipement Tactique
Depuis février 2024 des perquisitions avaient été menées 
En février 2024, plusieurs perquisitions avaient visé le siège d’un groupe dirigé par Jean-Pierre Bansard ainsi que celui d’un parti politique qu’il avait fondé. Les domiciles du sénateur et du général Puga avaient également été fouillés par les enquêteurs dans le cadre de cette procédure.
Le Parquet national financier n’a pas souhaité, à ce stade, apporter de précisions supplémentaires sur l’avancée du dossier.
Partager sur :

Plus d'articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents