jeudi, 18 avril 2024 10:08

Après la tentative d’assassinat, le président de l’assemblée nationale dans le viseur du « général »

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Guinée
Atlanticactu / Bissau / Maimuna Djalô
Après l’arrestation de deux ministres accusés d’avoir effectué des paiements d’un montant de 6 milliards de francs CFA à des entreprises proches du Paigc, c’est maintenant le président de l’assemblée nationale populaire Domingo Simoes Pereira d’être dans le viseur de Umaru Embalô. Le palais ordonne sa détention sans aucun mandat judiciaire.
Bissau est au rythme des prolongations des arrestations du ministre des Finances Suleimane Seidi et du Secrétaire d’état au Trésor Antonio Monteiro qui avaient déclenché des échanges de tirs nourris. Après l’arrestation du Colonel de la Garde Nationale considèré d’être le principal responsable de la fusillade, Bissau avait commencé à respirer. Mais l’annonce venant du « général » du Gaabu Umaru Embalo d’arrêter le président de l’assemblée nationale risque d’enflammer le pays le plus pauvre d’Afrique de l’Ouest, avec l’appel du PAIGC à une veillée pacifique autour du domicile de Domingo Simoes Pereira dans le huppé quartier Luanda, derrière la télévision nationale..
Absent de Bissau lors des derniers événements, le « général » Umaro Sissoco Embaló, a dès sa descente d’avion en provenance du Timor et de Dubaï pour les besoins de la COP 28 considéré les incidents comme une tentative de coup d’État. Umaru Embalò a affirmé que la Garde nationale n’a pas agi de sa propre initiative ; quelqu’un leur a donné des ordres et l’acte ne restera donc pas impuni. Et le « général » du Gaabu de prévenir « que toutes les personnes impliquées dans la libération du ministre des Finances et de l’Économie, ainsi que les secrétaires d’État au Trésor, en paieront les conséquences ».
« Comme au Sénégal voisin le « général » Umaru Embalò qui a été laminé lors des législatives anticipées, cherche à museler l’opposition. Aujourd’hui son principal challenger Domingo Simoes Pereira est le président de l’assemblée nationale populaire et sa coalition PAI Terra-Ranka dirige le gouvernement »
Umaru Embalò avait déjà embouché la trompette du coup d’état en février 2022 pour obtenir le retour des militaires de la CEDEAO qu’il avait chassé lui-même deux ans auparavant. Aujourd’hui encore, pour empêcher son principal opposant d’être candidat à la présidentielle, il est revenu sur les incidents qui ont émaillé Bissau en parlant d’une nouvelle tentative de coup d’état militaire. 
À quelques mois de la fin de son mandat, Umaru Embalò dont la victoire en 2019, était l’une des plus contestée, fait feu de tout bois pour écarter le Chef de l’opposition. Après l’émission de mandat d’arrêt resté infructueux, des arrestations et interdictions de sortie pour s’offrir un deuxième mandat en toute tranquillité, le « général » du Gabu ne cesse de constater l’adhésion des guinéens autour de Domingo Simoes Pereira et du PAIGC. 
Face à cette impuissance du pouvoir de Umaru Embalò empêtré dans des scandales de corruption, de trafic de drogue, d’atteinte aux droits de l’homme, plusieurs responsables proches du palais ont commencé à exiger la dissolution de l’assemblée nationale populaire ou d’arrêter son président qui est considéré comme le responsable de l’attaque de la police judiciaire pour libérer les deux ministres arrêtés dans le cadre d’une enquête. Tant Braima Camara du Madem G-15 que l’ancien Premier ministre Nuno Nabiam Gomes exigent l’emprisonnement de Domingo Simoes Pereira.

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