jeudi, 18 avril 2024 09:55

Approchée pour chanter lors des Jeux Olympiques, Aya Nakamura victime d’insultes raciste et sexiste

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France
Atlanticactu / Paris / Bamako / Marie Pierre Dupuy
La chanteuse franco-malienne Aya Nakamura fait face à une vague de harcèlement raciste depuis une rumeur qui circule sur sa possible présence lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris. Aya Nakamura aurait été sondée par le chef d’État français Emmanuel Macron avec la possibilité de reprendre un titre d’Édith Piaf.
L’Express a révélé qu’Aya Nakamura et Emmanuel Macron se seraient entrevus au sujet de la cérémonie d’ouverture des JO 2024. Le président aurait proposé à la chanteuse d’interpréter une chanson d’Edith Piaf lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. Ni la chanteuse, ni le chef de l’Etat n’ont confirmé cette rumeur.
Pourtant depuis plusieurs jours, l’extrême droite se déchaîne. Dimanche, jour de premier meeting pour les européennes de Reconquête !, des huées retentissent à l’évocation du nom de la chanteuse. La veille, le groupuscule d’ultra-droite, les Natifs, a déployé dans Paris (en pleine nuit) une banderole raciste sur les bords de Seine : « Ya pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako ! », en référence au hit Djajda qui cumule un peu moins d’un milliard de vues sur Youtube. En parallèle, une campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux, notamment sur X (ex-Twitter), est montée. Les différentes chaînes du groupe Bolloré prennent la balle au rebond et s’en donnent à cœur joie. Ce lundi, CNews publie un sondage : « Les Français préféraient un autre artiste qu’Aya Nakamura pour la cérémonie d’ouverture ».
La « polémique », profondément xénophobe, vise les origines maliennes de l’artiste et lui reproche tour à tour de jouer avec les règles du français dans ses textes, de ne pas se conformer aux stéréotypes genrés « occidentaux » ou encore de soutenir le Comité Adama. En réalité, ce n’est pas la première fois que la chanteuse est prise pour cible. Ni d’ailleurs les chanteurs racisés, et cela d’autant plus quand ils font de la musique populaire. Quelques exemples. En 2021, le rappeur Youssoupha est ciblé par une campagne de harcèlement alors qu’il devait interpréter la chanson d’ouverture de la coupe d’Europe de football. Depuis de nombreuses années, le rappeur Médine, en raison notamment de ses textes engagés, ou encore le chanteur Bilal Hassan, parce qu’il remet en cause les stéréotypes de genre sont eux aussi régulièrement visés par des campagnes racistes. Tous font de la musique populaire. Tous sont racisés.
En réalité, cette « polémique » bidon n’a qu’un objectif : faire taire toute personne racisée qui prend un peu trop la lumière. Ce qui « dérange » vraiment avec Aya Nakamura, c’est que la possibilité même de la voir chanter le jour de la cérémonie d’ouverture des JO, enfreint déjà la « clause raciste » tacite qui existe en France. Quand on est noire, une femme et de culture populaire on reste à sa place. Un état de fait d’autant plus vrai sur l’autel du fantasme réactionnaire de la « culture française » et de ce qu’elle implique de mépris de classe. Sur X, Aya Nakamura a tenu à répondre : « Vous pouvez être raciste mais pas sourd… C’est sa qui vous fait mal ! Je deviens un sujet d’état numéro 1 en débats ect mais je vous dois quoi en vrai ? Kedal. ». Il n’y avait sans doute pas grand chose d’autre à dire.

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