Algérie : L’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia jugé dans une vente d’or et pour corruption

Ahmed Ouyahia, ancien premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika, a avoué lors de son procès avoir revendu au marché noir un magot reçu de princes du Golfe.

Expéditifs, les procès d’anciens dignitaires algériens n’en continuent pas moins de dérouler le feuilleton de la corruption des années Bouteflika, où le montant vertigineux des détournements d’argent côtoie parfois le tragicomique. En octobre 2020, les Algériens avaient découvert la saga de « madame Maya », une mystérieuse femme d’affaires, un temps présentée comme la fille cachée de l’ancien chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika, qui a entraîné dans sa chute plusieurs hauts responsables. Place aujourd’hui à l’or des cheikhs émiratis et qatariens.

Un ancien premier ministre, Ahmed Ouyahia, a avoué samedi 9 janvier avoir revendu au marché noir des lingots d’or, offerts par des hôtes du Golfe, lors de l’ouverture d’un procès en appel pour corruption d’ex-dirigeants de l’ère Bouteflika. « J’ai reçu ces lingots d’or de la part des émirs du Golfe qui viennent chasser en Algérie, comme tous les responsables. Je les ai alors vendus au marché noir pour 350 millions de dinars [2,2 millions d’euros] », a-t-il avoué, après avoir été interrogé sur l’origine douteuse de fonds placés sur ses comptes personnels.

M. Ouyahia et Abdelmalek Sellal, un autre chef de gouvernement ayant servi sous le président déchu Abdelaziz Bouteflika, sont rejugés depuis le 9 janvier dans le cadre d’un scandale de corruption dans le secteur automobile, après leur pourvoi en cassation. En première instance, M. Ouyahia, quatre fois premier ministre entre 1995 et 2019, avait été condamné à quinze ans de prison ferme, et M. Sellal, qui a dirigé le gouvernement de 2014 à 2017 et quatre campagnes électorales de M. Bouteflika, à douze ans d’emprisonnement.

Source : Le Monde

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