Sénégal
Atlanticactu/ Ousmane Sonko/ Fonds spéciaux/ Bassirou Diomaye Faye/ Serigne Ndong
Le président du parti Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) a réaffirmé, hier, l’engagement de sa formation politique à encadrer les fonds spéciaux. Il s’est exprimé lors d’un entretien accordé à quatre médias sénégalais.
Au cours de cet entretien avec Walf Tv, Sud Fm, Solo Media Group et Xalaat Tv, Ousmane Sonko a abordé plusieurs sujets, notamment la question des fonds spéciaux et celle des commissions d’enquête parlementaires qui doivent être examinées cette semaine en plénière à l’Assemblée nationale. Sur les fonds spéciaux, l’ancien Premier ministre a rappelé qu’il s’agit de ressources provenant du contribuable et que leur gestion doit, à ce titre, obéir aux exigences de transparence.
« En démocratie, tout budget doit être contrôlé et soumis à des règles de transparence. Les fonds politiques doivent être encadrés et contrôlés », a insisté Ousmane Sonko. Il a rappelé que le contrôle de ces fonds figure depuis longtemps dans le programme de Pastef, une position défendue par le parti depuis sa création en 2014.
Selon le leader de Pastef, sa formation politique s’est toujours engagée à « supprimer les fonds dits « politiques » et de les remplacer par les fonds spéciaux ». La volonté de soumettre ces fonds au vote de l’Assemblée nationale pour les opérations sensibles figurait déjà dans le programme « Jotna » du candidat Ousmane Sonko en 2019. Cet engagement a également été repris dans le programme du candidat Bassirou Diomaye Faye en 2024.
Prenant l’exemple de la France, Ousmane Sonko a indiqué que les fonds spéciaux de ce pays, « qui ne sont même pas logés à la Présidence de la République », font l’objet d’un contrôle depuis 2001. Il a également affirmé que la Primature dispose de fonds politiques et brandi un décret signé en 2004 par l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade, pour étayer ses propos.
Évoquant par ailleurs sa rupture avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le leader de Pastef a expliqué qu’elle découle de divergences sur des questions relatives à la transparence, à la bonne gouvernance et à la souveraineté sur les ressources nationales. « Mon problème avec le chef de l’État n’est pas lié à la politique », a-t-il insisté.
Au cours de l’entretien, Ousmane Sonko s’est également prononcé sur le rôle de l’Assemblée nationale, qu’il dirige, et sur les initiatives récemment portées par l’institution. Il a salué le bilan de son prédécesseur, El Malick Ndiaye, qui, selon lui, a réalisé « un excellent travail » durant ses deux années à la tête du Parlement, notamment en matière de modernisation et de bonne gouvernance.
Il a toutefois relevé que les propositions de loi et les missions d’enquête parlementaires figuraient parmi les domaines ayant été moins développés au sein de l’institution. Pour Ousmane Sonko, les propositions de loi portées par les députés permettent de « remettre l’Assemblée au cœur du débat public et de l’action publique ».
